L'interview de Charles-Alexandre Houillon : « Les matières premières doivent rester un outil de diversification »

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La classe d'actifs matières premières ne doit pas dépasser 5% d'un portefeuille équilibré selon Charles-Alexandre Houillon.
La classe d'actifs matières premières ne doit pas dépasser 5% d'un portefeuille équilibré selon Charles-Alexandre Houillon.

Compartiment de spécialistes, les marchés de matières premières ne doivent pas excéder 5% de l'encours d'un portefeuille équilibré selon Charles-Alexandre Houillon, responsable d'un département de gestion de fortune d'une banque et qui publie un guide pratique « Matières premières et énergie » (éd. Arnaud Franel).

Que représente aujourd'hui le marché des matières premières en terme de volumes traités ?

Charles-Alexandre Houillon : Il est difficile de répondre précisément mais d'après les statistiques de la Futures Industry Association (FIA) et de la Banque des règlements internationaux (BRI), le nombre de contrats échangés sur les marchés dérivés en 2011 a été de 24.9 milliards dont 2.58 milliards sur les seuls marchés de commodities ; en termes de montants notionnels échangés, on parle de 2 438 070 millions de USD. Ce sont des marchés qui font moins l'actualité que les grands indices boursiers (Dow Jones, Cac 40 etc.) ou les actions des vedettes de la cote. A l'instar du money market, les marchés de matières premières sont un peu le « parent pauvre » des marchés financiers. Ils ont pourtant un impact capital sur le bon fonctionnement des économies et la vie des individus. Le grand public retient deux exceptions notables toutefois aux marchés de matières premières : les cours du pétrole, qui se ressentent principalement pour les consommateurs à la pompe, et le prix de l'or.

Les traders font-ils les cours des matières premières. Leur influence est-elle déterminante ?

C-A.H : Un trader seul ne peut pas « faire » le marché et si plusieurs d'entre eux s'entendaient pour influer l'évolution des cours, cela constituerait un délit. Le marché ne fait que refléter l'équilibre entre l'offre et la demande. En revanche, on peut prendre le problème à l'envers et citer par exemple le cas des terres rares où la chine a structuré la chaine de la production à la vente en organisant un circuit et en fixant par décret le prix des terres rares, une matière première détenue à 95% par la Chine.

Comment intervenir et se protéger sur ces marchés si l'on est un investisseur particulier ?

C-A.H : Mon livre est un outil pédagogique qui vise à démocratiser l'information sur les marchés de matières premières. Nous ne sommes pas pour autant dans l'idée d'inciter les particuliers à investir directement sur ces marchés de spécialistes. Des fonds spécialisés ou des produits structurés autour de ces marchés existent mais cette thématique d'investissement doit rester un outil de diversification, à hauteur de 5% maximum de l'encours total d'un portefeuille, et non un outil spéculatif...

Quelles sont les tendances qui se dessinent pour 2014 sur le front des « commodities » ?

C-A.H : De manière générale, la demande à moyen terme est structurellement haussière avec l'augmentation du niveau de vie des pays émergents, ce qui devrait porter les cours à la hausse. Mais à court terme, il ne faut pas attendre de grandes performances sur la thématique globale des matières premières, sauf à tenter des paris sectoriels spécifiques qui sont hors de portée de l'investisseur particulier. Pour ce dernier, investir sur le boisseau de soja ou le quartier de porc à Chicago n'a pas beaucoup de sens.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • Chriba le jeudi 20 fév 2014 à 13:25

    Pour les traders, le même problème se pose avec les matières premières agricoles : http://www.en-bourse.fr/les-matieres-premieres-agricoles-un-marche-interessant-pour-les-investisseurs/Mieux vaut laisser cela aux professionnels...

  • oisif le mercredi 19 fév 2014 à 15:21

    Jamais.