L'interview de Cédric Chaboud (SPGP) : « Le marché des IPO est difficile d'accès pour les particuliers »

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Cédric Chaboud, gérant de Skylar Origin chez SPGP, s'intéresse de près aux IPO dans le monde entier
Cédric Chaboud, gérant de Skylar Origin chez SPGP, s'intéresse de près aux IPO dans le monde entier

Les premiers jours de cotations des entreprises qui se lancent en Bourse sont souvent erratiques. C'est un marché de professionnels qu'il faut savoir appréhender estime Cédric Chaboud, gérant du fonds Skylar Origin chez SPGP.

Le fonds Skylar Origin s'intéresse tout particulièrement aux entreprises qui s'introduisent en Bourse. Pourquoi ?

Cédric Chaboud : S'intéresser à ces valeurs reste la meilleure façon de capter le potentiel d'entreprises en phase de croissance. Elles viennent justement en Bourse pour accélérer leur développement. Or, il faut savoir que si les IPO (« initial public offering ») suscitent bien souvent un certain appétit chez les investisseurs particuliers, beaucoup d'entre eux n'ont pas accès au « papier ». C'est un marché de professionnels qu'il est par ailleurs difficile d'appréhender en direct. Les premiers jours de cotation sont souvent très erratiques. A ce titre, nous sommes des investisseurs de long terme et notre champ d'investissement va du premier jour de cotation à la cinquième année de cotation. Enfin, nous avons souhaité donné une dimension internationale à ce fonds sans se limiter à l'Europe. Nous couvrons ainsi 80 pays...

Twitter a été introduite sur NYSE Euronext début novembre. Comment jugez-vous l'introduction « évènement » de l'année ?

C.C : Les investisseurs se sont emballés (l'action a frôlé les 50$) lors de la première séance avant de se replier. A l'instar de Facebook, l'enjeu est de parvenir à monétiser ce réseau social qui connaît un succès grandissant. Le secteur est assurément en croissance et Twitter a la capacité de parvenir à monétiser correctement son audience mais des incertitudes demeurent sur la stratégie de la marque et le calendrier. Nous valorisons la société à 47$/action. L'action reste très volatile, les investisseurs qui veulent traiter l'action en direct doivent faire preuve de prudence. Quant à l'action Facebook, nous l'avons vendue à 52$ et pourrions revenir à l'achat autour de 40$.

Les Français ne sont pas en reste. La pépite Critéo (reciblage publicitaire) est la première introduction française au Nasdaq depuis 1994. Le choix du Nasdaq était-il justifié ?

C.C : Critéo est une très belle entreprise française qui a choisi le Nasdaq pour attirer l'attention des grands investisseurs en valeur technologiques. C'est un choix logique car il n'y a malheureusement pas d'équivalent du Nasdaq en Europe ! La valeur offre encore un bon « upside » et nous restons clairement à l'achat. Critéo a récemment souffert d'un profit warning d'un concurrent qui a touché le secteur de façon non différentiée. Les premiers pas en Bourse sont parfois difficiles mais ce n'est surtout pas le moment de vendre !

Pour revenir à la Bourse de Paris, avez-vous souscrit à l'introduction de Numéricable ?

C.C : Numéricable est actuellement correctement valorisée mais nous pensons que la société constitue à moyen terme une cible idéale pour SFR. Les actionnaires pourraient alors espérer une prime significative par rapport aux cours actuels. Du côté de SFR, le rapprochement avec Numéricable pourrait engendrer au moins 2 milliards d'euros de synergie et permettre à l'opérateur de revenir en force pour concurrencer Orange.

Un autre coup de coeur récent ?

C.C : Tarkett ! Nous sommes clairement positionnés à l'achat sur la valeur. Le spécialiste du revêtement de sol est une belle valeur de croissance, qui bénéficie d'une solide implantation sur trois marché clés : Europe, Russie et Etats-Unis.

La hausse des marchés actions n'a-t-elle pas été trop rapide ? Redoutez-vous une consolidation à court terme ?

C.C : Les IPO se multiplient le plus souvent en phase de reprise des marchés. Elles constituent un bon indicateur d'allocation d'actifs de la part des investisseurs. Or, nous constatons que l'appétit pour le risque revient en Europe, les opérations se multiplient. C'est bon signe ! Nous achetons le marché mais nous avons aussi mis en place des outils de protection (put) en cas de baisse des indices. Si le marché se retourne fortement, nous offrons ainsi une protection aux souscripteurs du fonds.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • s.fogue le mercredi 27 nov 2013 à 14:48

    à defaut d'accéder aux IPO le marché des startups est ouvert aux particuliers. Voici un article intéressant sur le sujet http://blog.particeep.com/crowdfunding-pour-investir-dans-une-start-up/

  • M4889263 le mercredi 27 nov 2013 à 11:42

    Une bonne vidéo ou ce gars se fait bâcher ... : http://www.bfmtv.com/video/bfmbusiness/lhumeur-philippe-bechade/cedric-chaboud-vs-philippe-bechade-marches-ne-financent-pas-leconomie-reelle-integrale-placements-09-10-2-2-151206/