L'interview de Catherine Garrigues (Allianz GI) : « Nous anticipons une stabilité des indices boursiers »

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L'expansion des multiples a déjà eu lieu en 2013. Pas de hausse des PER à anticiper selon Catherine Garrigues (Allianz Global Investors).
L'expansion des multiples a déjà eu lieu en 2013. Pas de hausse des PER à anticiper selon Catherine Garrigues (Allianz Global Investors).

Pas de hausse des multiples de valorisation à attendre sur les marchés actions. En absence de croissance forte, il ne faut pas anticiper de progression des indices selon Catherine Garrigues, responsable de la gestion actions européennes chez Allianz Global Investors.

Après la phase de panique de la mi-octobre sur les marchés actions, pensez-vous que le pire est passé ?

Catherine Garrigues : Tout au long de l'été,  la publication de statistiques macroéconomiques décevantes a douché l'optimisme des investisseurs quant à une sortie rapide de la crise de la zone euro. Le tassement de la croissance chinoise et la crise ukrainienne ont ajouté une inquiétude supplémentaire sur les perspectives de l'économie allemande, moteur de la zone euro. Depuis l'été 2012, la hausse des marchés européens avait été menée par des flux internationaux. La baisse de l'euro par rapport au dollar a accéléré le mouvement de fuite de la zone euro... En quelques semaines, près de 20 milliards d'euros de flux ont quitté l'Europe...

Alors que la Fed a parfaitement orchestré la sortie de son programme QE3, la BCE poursuit ses politiques non conventionnelles mais les marchés restent toujours sur leur faim tant le risque de déflation en zone euro reste fort. Que peut encore Mario Draghi ?

C.G : Les marchés ont parfaitement compris que la BCE laisserait les taux à des niveaux historiquement bas aussi longtemps que nécessaire et mettait en œuvre le maximum de mesures pour relancer la dynamique du crédit dans la zone euro. Mais les banques centrales ne peuvent pas tout... Les marchés attendent surtout des réformes de structure devant permettre un rebond de la croissance. Cela a marché en Irlande et en Espagne. La France et l'Italie constituent en revanche des points de blocage et s'enfoncent dans la non-croissance.

Les marchés actions européens sont-ils aujourd'hui correctement valorisés ?

C.G : L'expansion des multiples a déjà eu lieu en 2013 quand les marchés misaient sur une reprise économique qui ne s'est pas vraiment concrétisée. Avec des PER estimés à 12-13 fois les résultats attendus pour 2015, les marchés ne sont pas particulièrement chers mais il n'y a aucune progression des multiples à attendre. En l'absence de croissance forte, nous pouvons raisonnablement anticiper une stabilité des indices boursiers.

Quelles thématiques privilégier ?

C.G : Les autres classes d'actifs ne procurant plus de rendement, il est judicieux d'aller chercher des valeurs de rendement sur les marchés actions. Mais attention à bien choisir lesquelles et éviter celles proposant un pay-out supérieur à 50%. Une société doit investir et ne pas consacrer une part trop substantielle de ses ressources à son dividende sur la durée. Il faut aussi privilégier les valeurs exposées au dollar (aéronautique, technologiques) et qui vont continuer de profiter de l'affaiblissement de l'euro par rapport au dollar. Le différentiel de croissance entre les deux continents plaide en ce sens.

Une valeur à regarder de près ?

C.G : Casino qui lance l'introduction en Bourse de sa filiale de e-commerce Cnova aux Etats-Unis. Une pépite valorisée autour de 5 milliards de dollars. Le signe de la bonne diversification du groupe de distribution français. Casino est une valeur de rendement (3,5%) qui réalise près des deux tiers de son Ebit hors de France avec une présence marquée en Amérique latine. Surtout, la société a développé avec succès une activité d'intégrateur de sites comme Cdiscount.

Propos recueillis par Julien Gautier

 

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