L'interview d'Arnaud Morvillez (SPGP) : « Spie est un excellent dossier »

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La crise a retardé de nombreux projets d'introductions en Bourse, explique Arnaud Morvillez.
La crise a retardé de nombreux projets d'introductions en Bourse, explique Arnaud Morvillez.

La saison des introductions en Bourse (IPO) bat son plein. Une tendance qui devrait se poursuivre. La crise a ajourné beaucoup de projets d’IPO. Le flux n’est pas prêt de se tarir estime Arnaud Morvillez, gérant du fonds Origin chez SPGP.

Spie, le leader européen des services multitechniques, vient de réussir son introduction en Bourse. C’était l’une des IPO marquantes de cette année sur le marché français. Suivez-vous ce dossier ?

Arnaud Morvillez : Absolument. Spie a manqué son introduction en octobre 2014 mais l’opération avait été annulée dans un contexte de regain de tension sur les marchés. Cette fois-ci, le climat boursier est plus favorable. Nous avons décidé d’y souscrire. Si on estime que la baisse des programmes d’investissement dans le secteur pétrolier va se stabiliser et que la croissance organique de l’activité de la société va repartir de l’avant en France, on peut investir sur cette valeur qui est aujourd’hui largement décotée. C’est un excellent dossier…

Comment se porte la saison 2015 des introductions en Bourse ?

A.M : La tendance est positive. Le mois de juin va être très chargé. Nous attendons notamment l’arrivée d’Europcar sur les marchés. Le loueur de voitures est un beau dossier pour jouer la reprise de la croissance en Europe. Au cours des derniers exercices, Europcar a réussi à redresser ses marges pour présenter un profil financier assez attractif, mais plutôt au détriment de sa croissance organique.

D’autres exemples d’entreprises qui s’apprêtent à venir en Bourse et que vous regardez de près ?

A.M : Une valeur comme Inwit me paraît constituer une excellente opportunité. Il s’agit d’un spin-off de Telecom Italia. L’entreprise gère les antennes relais de l’opérateur italien. C’est une activité rentable valorisée entre 2 et 2,5 milliards d’euros. En Espagne, Cellnex Telecom, qui évolue sur le même créneau, avait été introduit en Bourse avec succès et le secteur est bien perçu par le marché. Nous apprécions aussi le secteur de la cyber-sécurité. Justement, l’éditeur de logiciels Wallix arrive en Bourse et nous pensons également que ce dossier mérite le détour. [retrouvez l’interview vidéo de Jean-Noël de Galzain, président de Wallix].

Le retour de la volatilité sur les marchés avec une remontée des taux attendu au cours des prochains mois aux Etats-Unis, sans parler de la tension grandissante autour de la Grèce, ne risque-t-elle pas de compromettre cet optimisme actuel ? On sent de la nervosité et des perspectives moins favorables…

A.M : Nous restons confiants car les fondamentaux macroéconomiques s’améliorent. La reprise est sensible en Espagne, en Italie et en France également. Les indices PMI sont bien orientés… D’autant que le plan de quantitative easing (QE) de la BCE devrait se poursuivre jusqu’à son terme en 2016. Par conséquent, les entreprises vont continuer de venir en Bourse pour lever des capitaux. Ensuite, il faut avoir à l’esprit l’idée que beaucoup de fonds de private equity ont acheté des entreprises pendant la crise. Ces entreprises ont été restructurées et ont vocation à être revendues. La liste d’attente qui s’est constituée est importante… Pour toutes ces raisons, le flux d’IPO à venir en Europe n’est pas prêt de se tarir !

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • M3182284 le vendredi 12 juin 2015 à 19:15

    En gros, si un deal est bon les fonds de Private Equity le prennent, s'il est mauvais on le met en bourse pour les gogos. Avec une réduction fiscale de 50% loi Tepa ça passe un peu mieux.