L'interview d'Alain Zeitouni : les actions européennes sont toujours attrayantes

le
7

Les actions européennes seraient toujours attractives, contrairement aux obligations qui seraient survalorisées, explique Alain Zeitouni (Russell Investments).
Les actions européennes seraient toujours attractives, contrairement aux obligations qui seraient survalorisées, explique Alain Zeitouni (Russell Investments).

L'Europe peine à sortir de la crise mais y arrive tout de même progressivement, souligne Alain Zeitouni, directeur de la gestion multi-actifs chez Russell Investments France. Les actions européennes restent moins valorisées que les actions américaines, ce qui leur laisserait un certain potentiel de hausse.

Pouvez-vous nous présenter Russell Investments ?

Alain Zeitouni : « Russell Investments est une société de gestion de portefeuilles internationale disposant d'une expérience de plus de 45 ans dans la gestion d'actifs et gérant actuellement 218 milliards d'euros d'actifs à l'échelle mondiale. L'activité de Russell est centrée sur l'élaboration et la gestion de portefeuilles multi-actifs pour répondre à un objectif de rendement recherché à un niveau de risque acceptable pour le client. Pour ce faire, nous mettons en place une allocation d'actifs stratégique adéquate en allant rechercher les classes d'actifs et stratégies qui vont nous permettre de remplir nos objectifs à l'horizon recherché. Ainsi nous recherchons une réelle diversification entre les différentes classes d'actifs et les différentes régions géographiques. Pour investir sur l'ensemble des marchés, Russell agit en tant que gérant de gérants en s'efforçant d'identifier de manière continue et objective les meilleurs gérants sur chaque marché peu importe leur taille ou leur localisation. ».

On voit actuellement l'économie européenne diverger fortement de l'économie américaine. Qu'en pensez-vous dans le cadre de votre gestion ?

A.Z. : « Les Etats-Unis devraient connaître 3% de croissance et semblent remis de la crise, avec une remontée des taux de la Fed attendue pour la mi-2015. L'économie européenne, tout comme l'économie japonaise, connaît quant à elle une croissance plus difficile et moins robuste, également pénalisée par le chômage et le niveau des déficits. Toutefois les banques centrales de ces deux régions ont engagé une phase de fort soutien monétaire "non conventionnel". La BCE se lance ainsi dans des achats massifs de titres sur les marchés, y compris des ABS et des covered bonds, et cela pourrait se poursuivre avec le rachat de dettes d'Etats à l'avenir. La BCE est ainsi clairement à l'affût pour intervenir si cela est nécessaire de manière à soutenir le marché »

Selon vous, il y aurait donc plus d'opportunités que de risques sur les actions européennes ?

A.Z. : « La croissance européenne, même faible, devrait s'améliorer sensiblement à partir de l'année prochaine. D'autre part, le pétrole baisse et l'euro s'affaiblit par rapport au dollar, ce qui va notamment permettre d'améliorer les résultats des entreprises européennes exportatrices. Or, 30% à 40% du profit des grands groupes français est réalisé à l'étranger. Le rendement des entreprises européennes est plus élevé qu'aux Etats-Unis (3.7% contre 2.1%) de même les bénéfices des entreprises européennes sont attendus en progression de 15% en 2015 contre « seulement » 12% pour les entreprises américaines. Les choses semblent donc s'améliorer et c'est ce potentiel futur que les marchés achètent. Cela plaide pour investir davantage en Europe. Chez Russell, nous avons surpondéré les actions européennes au détriment des actions émergentes et américaines déjà très valorisées. Il semble qu'il y ait davantage d'opportunités en Europe, mais nous ne sommes pas euphoriques non plus et nous restons prudents ».

On assiste justement à une forte remontée des marchés depuis un mois, après un mouvement de panique à la mi-octobre. Que faut-il en penser ?

A.Z. : « Il est difficile de voir la direction que prennent actuellement les marchés à cause des nombreuses annonces-surprises que personne ne peut anticiper. Cela s'est vu vendredi avec la déclaration de Mario Draghi ainsi qu'avec les annonces de la banque centrale chinoise qui ont provoqué un fort mouvement de hausse. A l'inverse, d'autres annonces ont provoqué des baisses significatives en octobre. On sent une certaine nervosité des marchés qui ont tendance à sur-réagir aux nouvelles. D'où l'importance d'être bien diversifié sur différentes classes d'actifs pour se protéger contre ces mouvements imprévisibles ».

Dans cette même idée, l'Allemagne a surpris positivement les marchés lundi avec l'amélioration du moral de ses chefs d'entreprises. Les investisseurs se sont-ils inquiétés trop vite en octobre, et l'Allemagne est-elle déjà en train de se reprendre ?

A.Z. : « En Allemagne, les indicateurs restent mauvais. On observe un changement de braquet depuis quelques mois. La première zone commerciale de l'Allemagne est la zone euro, or celle-ci peine économiquement et cela se ressent sur le dynamisme allemand. Concernant l'indicateur du moral des entrepreneurs, une hirondelle ne fait pas le printemps. Il faut rester prudent ».

Dans ce cadre, faut-il encore se tourner vers le marché obligataire pour se protéger du risque ?

A.Z. : « Les obligations ont actuellement des taux trop faibles pour être intéressantes et le marché obligataire est survalorisé. Par exemple, l'Espagne se finance désormais à un taux moins élevé que les Etats-Unis. Cela a-t-il du sens ? De même, les taux réels sont négatifs pour l'Allemagne : ce type d'investissement n'a donc aucun intérêt. Nous avons donc réduit fortement nos investissements en obligations d'Etat et nous préférons les actions qui offrent un rendement plus élevé ».

Propos recueillis par Xavier Bargue

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • guerber3 le jeudi 27 nov 2014 à 16:54

    Celui-là, c'est monsieur N' importe quoi qui touche des commissions et est responsable de...RIEN...!

  • fquiroga le mercredi 26 nov 2014 à 18:25

    Vente de salades en ligne.....

  • mlemonn4 le mercredi 26 nov 2014 à 16:07

    C'est normal qu'il dise cela, c'est son fond de commerce! le marché est complètement déconnecté de la réalité économique, entièrement manipulé par les discours des banques centrales et l'abondance de liquidités qui inondent les spéculateurs en tout genre; pendant ce temps, l'économie est moribonde, le chomage enfle comme un ballon de baudruche, la déflation et bientot la déflagradion guette; les risques politiques planent, ce n'est pas le moment d'investir car il y aura encore des pleurs!

  • pierry5 le mercredi 26 nov 2014 à 15:42

    Faut attendre que ça dégringole et à l'allure où ça s'envole ça peut venir vite.

  • gadjo92 le mercredi 26 nov 2014 à 15:12

    bon ben ...bonne chance les gars...mdr

  • guerber3 le mercredi 26 nov 2014 à 15:11

    Question " attrape-gogos ", il est pas mal celui-là...!

  • squal72 le mercredi 26 nov 2014 à 15:10

    les marchés européens sont tellement laminés qu'il n'en ressort rien !!!