L'intervention turque en Syrie dictée par le risque d'une attaque

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(Actualisé avec Erdogan, §§ 2, 3) ANKARA, 23 février (Reuters) - L'opération militaire menée samedi par l'armée turque en Syrie était dictée par la nécessité d'évacuer 38 soldats affectés à la garde du tombeau de Souleiman Shah qui étaient encerclés par l'Etat islamique et qui risquaient d'être attaqués, a déclaré lundi un porte-parole de la présidence. Le président Recep Tayyip Erdogan, dans un discours à Ankara, a pour sa part souligné que le déplacement du tombeau de Souleiman Shah, grand-père du fondateur de l'Empire ottoman, n'était nullement une "retraite". "L'opération qui a concerné le tombeau de Souleiman Shah n'est pas une retraite, c'est une mesure temporaire destinée à éviter que la vie de nos soldats soit mise en péril", a-t-il dit. Damas a qualifié cette opération "d'agression flagrante", une accusation balayée par le porte-parole turc Ibrahim Kalin qui a déclaré que le gouvernement syrien avait perdu toute légitimité. Ankara a expliqué dimanche avoir mobilisé des chars, des drones, des avions de reconnaissance et près de 600 soldats au sol pour mener à bien cette incursion, la première de ce genre en Syrie depuis le début de la guerre civile il y a près de quatre ans. L'armée a déclaré que l'opération n'avait donné lieu à aucun combat mais qu'un soldat avait été tué accidentellement. Les 38 soldats qui gardaient la tombe de Souleiman Shah ont été rapatriés sains et saufs. Le mausolée, situé sur le sol syrien mais que la Turquie considère comme relevant de sa souveraineté, a été déplacé. Le détachement affecté à sa garde est habituellement relevé tous les six mois mais le dernier envoyé sur le site était encerclé depuis huit mois par les combattants de l'EI. Le ministère turc des Affaires étrangères a expliqué dimanche que la tombe de Souleiman Shah avait été temporairement transférée sur un nouveau site en Syrie, au nord du village d'Esmessi, proche de la frontière turque. Le tombeau a été déclaré territoire turc par un traité signé avec la France en 1921, alors que la Syrie, comme le Liban, était sous protectorat français. (Tulay Karadeniz, Humeyra Pamuk et Asli Kandemir; Nicolas Delame, Marc Angrand et Guy Kerivel pour le service français)

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