L'Intérieur accusé d'exploiter l'enquête de l'Essonne

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PARIS (Reuters) - Un syndicat de magistrats classé à gauche a écrit lundi au ministre de la Justice pour s'indigner de ce qu'il voit comme une exploitation politique de l'enquête sur les meurtres de l'Essonne par le ministère de l'Intérieur.

Un suspect interpellé samedi a été présenté à deux juges pour sa mise en examen pour trois des quatre homicides de cette affaire.

Le Syndicat de la magistrature (SM) remarque dans un courrier à Michel Mercier que des informations sur ce suspect, son prénom, les éléments ayant permis son identification, des indices et la localisation des endroits perquisitionnés ont été divulgués à la presse durant le week-end.

Il en rend responsable le ministère de l'Intérieur et remarque que "les deux juges d'instruction en charge de ce dossier ont même été informés après la presse de l'interpellation effective du premier suspect". Des médias auraient aussi été informés d'actes de procédure à venir.

Le SM rappelle qu'il s'agit d'une infraction de violation du secret de l'instruction et estime qu'elle s'inscrit dans la droite ligne de l'enquête sur les homicides de Toulouse, où Claude Guéant a assuré la communication avec la presse, et dans celle de récentes opérations contre des islamistes présumés.

Le syndicat estime que le ministre de la Justice aurait dû réagir: "Par votre silence, M. Le garde des Sceaux, vous avez signifié à la France entière la soumission de l'action de la justice aux petits calculs électoraux du gouvernement (...) Vous comprendrez que nous n'ayons rien à vous demander, il ne vous est toutefois pas interdit de sauver l'honneur".

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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