L'instigateur du scandale Petrobras condamné à 19 ans de prison

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    par Pedro Fonseca 
    SAO PAULO, 8 mars (Reuters) - L'homme d'affaires brésilien 
Marcelo Odebrecht, ancien président du conglomérat du BTP 
Odebrecht SA, a été condamné mardi à une peine de 19 ans de 
prison pour pots-de-vin, blanchiment d'argent et association de 
malfaiteurs en lien avec le scandale Petrobras aux très larges 
répercussions politiques. 
    Il est le plus haut cadre dirigeant à être reconnu coupable 
dans l'opération "Carwash" ou "Lavage express" (Operação 
Lava-Jato). Arrêté en juin, il passe pour être la figure 
centrale, au sein du secteur privé, de ce que la police fédérale 
et le parquet considèrent comme une organisation criminelle. 
    Le scandale porte sur un système complexe de surfacturations 
et de dessous-de-table au sein de la compagnie nationale des 
pétroles Petrobras  PETR4.SA , qui menace de faire tomber le 
gouvernement de la présidente Dilma Rousseff. 
    L'enquête en cours depuis près de deux ans a déjà conduit à 
l'inculpation de plusieurs dizaines de cadres d'entreprises. Des 
alliés politiques et d'anciens collaborateurs de la présidente 
Dilma Rousseff ont été arrêtés et l'ancien président Luiz Inacio 
Lula da Silva a été interrogé pendant trois heures la semaine 
dernière.  
    L'affaire remonte à la présidence Lula et à une époque où 
Rousseff présidait le conseil d'administration de Petrobras. 
    Selon le verdict rendu par le juge fédéral Sergio Moro, qui 
coordonne l'enquête depuis la ville de Curitiba, Odebrecht a 
formé un "cartel" avec d'autres entreprises qui se sont 
"systématiquement" entendues à partir de 2006 pour répondre à 
des appels d'offre de Petrobras.  
    "Les participants, ligués dans ce qu'ils appelaient un 
'club', se mettaient d'accord pour déterminer qui remporterait 
les contrats Petrobras, manipulant les devis présentés lors de 
l'examen des offres", écrit le juge. "Ils étaient ainsi en 
mesure, sans la moindre concurrence, de remporter la mise au 
prix le plus élevé possible." 
    Odebrecht, petit-fils du fondateur de l'entreprise 
familiale, est considéré comme la cheville ouvrière de ces 
manipulations d'offres et de surfacturations en raison de 
l'importance de sa société et de ses liens avec d'anciens 
responsables politiques, dont Lula, que les enquêteurs 
soupçonnent d'avoir bénéficié de commissions occultes et autres 
faveurs. 
    Ce système de corruption et de blanchiment d'argent aurait 
financé des campagnes électorales et couvert des dépenses du 
Parti des travailleurs (PT) dont Lula était le chef de file. 
    L'ex-président, qui bénéficie toujours d'une forte 
popularité au Brésil, a démenti toute malversation et son 
placement en garde à vue a provoqué des réactions outrées de ses 
partisans.   
 
 (avec Reese Ewing; Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse, 
Nicolas Delame, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 

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