L'Insee confirme le scénario d'une reprise poussive en 2014

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L'INSEE RABAISSE SA PRÉVISION POUR L'ÉCONOMIE FRANÇAISE
L'INSEE RABAISSE SA PRÉVISION POUR L'ÉCONOMIE FRANÇAISE

PARIS (Reuters) - L'Insee a confirmé jeudi le scénario d'une reprise poussive de l'économie française en 2014, qui ne parviendrait tout juste qu'à stabiliser le chômage à un niveau élevé, offrant peu de répit au nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls.

L'institut estime que la croissance française continuera d'être avant tout alimentée par la demande extérieure, sous l'effet d'une amélioration de l'environnement dans la zone euro, même si l'impact des efforts de consolidation budgétaire sera moins fort qu'en 2013.

Il table ainsi sur des progressions du produit intérieur brut (PIB) de 0,1% au premier trimestre puis de 0,3% au deuxième. Par rapport à sa précédente note de conjoncture, publiée en décembre, l'Insee revoit ainsi en baisse de 0,1 point sa prévision pour le 1er trimestre et en hausse de 0,1 point celle du 2e trimestre.

A partir de là, au 30 juin, qui constitue l'horizon de prévision de l'Insee, l'acquis de croissance pour l'ensemble de 2014 s'élèverait à 0,7%.

A ce niveau, une stabilisation à 0,2% du rythme de croissance trimestrielle sur les six derniers mois de l'année suffirait à valider le scénario de hausse de 0,9% du PIB retenu par le gouvernement dans la loi de finances 2014.

La révision en baisse sur le premier trimestre tient au contrecoup de la forte hausse de la consommation des ménages et au rebond des investissements des entreprises intervenus fin 2013, en anticipation du durcissement du malus écologique pour l'automobile et de la hausse de la TVA du 1er janvier.

Elle s'explique aussi par la météo clémente de l'hiver, qui a limité les dépenses en énergie. Des températures conformes aux normales saisonnières sur avril-juin permettraient de faire monter de 2,4% la facture énergétique d'un trimestre sur l'autre, estime l'Insee.

STAGNATION DU CLIMAT DES AFFAIRES

Du côté des entreprises, l'Insee souligne que le climat des affaires ne progresse plus depuis six mois en France et reste toujours inférieur à sa moyenne de longue période. Seul le secteur manufacturier, qui bénéficie d'une progression des commandes à l'exportation, fait exception.

L'institut anticipe toutefois que les exportations, après leur net rebond de fin 2013, devraient croître plus faiblement que la demande extérieure au premier semestre, du fait d'une compétitivité encore insuffisante et de la vigueur de l'euro.

L'activité dans la construction, qui reste déprimée, est un autre frein à la croissance du début d'année, de même que celle des travaux publics, qui avaient bénéficié fin 2013 du "cycle électoral municipal", une accumulation de chantiers à terminer avant le renouvellement des conseils municipaux.

S'agissant de l'emploi, la stabilisation des effectifs dans le privé amorcée au 4e trimestre 2013 se prolongerait (2.000 créations d'emplois au 1er comme au 2e trimestres) grâce aux effets du crédit d'impôt compétitivité emploi.

Globalement, l'Insee prévoit 53.000 créations d'emplois sur l'ensemble du 1er semestre 2014, soit autant qu'au 2e semestre 2013, du fait pour l'essentiel du développement des "emplois d'avenir" et de l'augmentation de la durée moyenne des contrats aidés.

Mais elles permettront juste d'absorber la hausse de la population active, ce qui fait que le taux de chômage resterait stable à 9,8% en France métropolitaine, son niveau de fin 2013, sur l'ensemble de la période (10,2% en ajoutant l'Outre-mer).

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • papy988 le vendredi 4 avr 2014 à 07:06

    Aussi fiable que quand ils annonçaientune baisse du chômage.Résultat plus de 30 000 chomeurs en plus.C'est dire que cette institution est fiable!

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