L'initiative Merkel-Hollande fidèle à l'accord de Minsk-USA

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(Actualisé avec détails, citations, contexte) par Lesley Wroughton MUNICH, 7 février (Reuters) - L'initiative franco-allemande présentée vendredi par François Hollande et Angela Merkel à Vladimir Poutine se fonde sur le protocole de Minsk conclu en septembre mais apporte des précisions supplémentaires sur l'application et le calendrier d'un futur accord de paix en Ukraine, indique un haut responsable du département d'Etat américain samedi. "La différence est qu'il y a un peu plus de précisions sur la manière dont il (le protocole de Minsk) sera mis en oeuvre et sur le calendrier de la feuille de route mais dans les grandes lignes cela reste fidèle à Minsk", a dit ce responsable après une entrevue entre des représentants américains, allemands et ukrainiens. Le protocole conclu sous l'égide de l'OSCE le 5 septembre à Minsk, capitale de la Biélorussie, prévoyait un ensemble de 12 points dont le principal était un cessez-le-feu immédiat. Cet accord n'a jamais été mis en oeuvre. François Hollande et Angela Merkel ont rencontré vendredi au Kremlin Vladimir Poutine pour lui faire part de leur initiative commune afin de trouver une solution à la crise en Ukraine. L'entrevue n'a apparemment pas porté les fruits escomptés et le président français et la chancelière allemande se sont montrés sceptiques samedi sur les chances de parvenir à un accord de paix. Le responsable du département d'Etat a reconnu ignorer quelles étaient les chances de succès de l'initiative franco-allemande tout en admettant que le projet pourrait se traduire par la création d'une zone tampon plus étendue entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes. Il a précisé que les efforts de la France et de l'Allemagne visaient à mieux définir les termes de la mise en oeuvre d'un accord qui a pour l'instant achoppé sur les détails et sur les conditions d'application. POSITION COMMUNE Angela Merkel, qui doit se rendre à Washington pour des entretiens avec Barack Obama dimanche, a répété samedi à Munich que la fourniture d'armes aux forces ukrainiennes ne pouvait constituer une solution au conflit. Cette position a été contestée par un influent sénateur américain tandis que le commandant en chef de l'Otan le général Philip Breedlove a déclaré que l'option militaire ne pouvait pas être écartée. Le responsable du département d'Etat a démenti les rumeurs selon lesquelles existeraient des divergences entre les Américains et les Européens sur la question d'une fourniture d'armes aux forces gouvernementales ukrainiennes. "L'approche diplomatique de ce problème faite par les Etats-Unis et par nos partenaires européens est cohérente et cela était très clair lors de la réunion d'aujourd'hui", a-t-il ajouté. "Compte tenu du fait que ni nos partenaires européens, ni les Etats-Unis ne fournissent d'armes aux Ukrainiens, il n'y a pas de divergence sur ce sujet", a-t-il expliqué. "Nous verrons quelles seront les évolutions politiques mais pour le moment nous sommes sur la même position concernant l'approche diplomatique et la question de la fourniture d'armes", a-t-il conclu. (Lesley Wroughton; Pierre Sérisier pour le service français)

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