L'inflation ralentit et le chômage monte en zone euro

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NOUVEAU RECORD EN JANVIER DU TAUX DE CHÔMAGE DANS LA ZONE EURO
NOUVEAU RECORD EN JANVIER DU TAUX DE CHÔMAGE DANS LA ZONE EURO

BRUXELLES (Reuters) - L'inflation a ralenti dans la zone euro en février et le taux de chômage a atteint un nouveau record en janvier, deux indicateurs qui reflètent l'impact toujours très marqué de la crise de la dette sur l'économie de la région.

La hausse des prix à la consommation dans les 17 pays partageant la monnaie unique est revenue à 1,8% le mois dernier selon la première estimation publiée vendredi par Eurostat. Un niveau qui correspond à l'objectif premier de la Banque centrale européenne (BCE) puisque celle-ci vise une inflation "inférieure à, mais proche de" 2%.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient certes une baisse, mais moins marquée, à 1,9% après 2,0% en janvier.

Eurostat a également annoncé que le taux de chômage des Dix-Sept avait inscrit un nouveau record en janvier, à 11,9% de la population active. Le taux de chômage du mois de décembre a été revu en hausse à 11,8% contre 11,7% en première estimation.

Au mois de janvier, 201.000 personnes supplémentaires se sont retrouvés sans emploi dans la zone euro, a précisé Eurostat.

La dégradation de la situation économique devrait être au centre des discussions du Conseil des gouverneurs de la BCE lors de sa réunion jeudi prochain.

Et si seule une minorité d'économistes s'attendent à une baisse du taux de refinancement, le principal instrument de politique monétaire de l'institution de Francfort, sous son niveau actuel de 0,75%, il est clair pour la plupart d'entre eux que le risque inflationniste a disparu des écrans radars.

"L'inflation n'est tout simplement pas un sujet de préoccupation, ce n'est pas une raison pour laquelle les décideurs devraient hésiter à baisser les taux d'intérêt", juge Sarah Hewin, responsable de la recherche européenne chez Standard Chartered.

"Ils pourraient passer à l'action dès la semaine prochaine mais il y a un facteur qui plaide pour que la BCE reste l'arme au pied, c'est le fait que nous soyons entrés dans une période d'instabilité politique en Italie et qu'il faille résoudre la question de la dette chypriote."

FRACTURE ÉCONOMIQUE

Le ralentissement de la hausse des prix à la consommation n'est sans doute qu'un maigre soulagement pour les 19 millions de demandeurs d'emploi de la zone euro.

La montée continue du chômage s'effectue sur fond de récession dans les pays les plus touchés par la crise de la dette. Des Etats qui, sans surprise, affichent les taux de chômage les plus élevés de la région, à 27,0% en Grèce, 26,2% en Espagne (26,2%) et 17,6% au Portugal.

Les pays les moins touchés sont l'Autriche (4,9% de chômage en janvier), l'Allemagne (5,3%) et le Luxembourg (5,3% également).

"La fracture économique entre la périphérie au sud et le coeur (de la zone euro) n'évoluera pas en 2013", estime Christoph Weil, économiste de Commerzbank. "Alors que les pays du coeur (...) devraient renouer avec la croissance au premier trimestre, la contraction devrait continuer dans la plupart des pays de la périphérie au second semestre de l'année."

Dans la dernière enquête de Reuters, 17 économistes sur 75 seulement ont dit s'attendre à une baisse des taux de la BCE cette année mais les dernières prévisions de la Commission européenne, qui augurent d'une poursuite de la récession, pourraient changer la donne.

D'autant que l'exécutif communautaire a aussi revu à la baisse ses prévisions d'inflation, à 1,8% pour 2013.

"Il est très difficile de juger parce que les commentaires de la BCE ne constituent pas toujours un signal clair sur ses intention", explique Greg Fuzesi, économiste de JP Morgan. "Mais il y a assurément une marge de manoeuvre pour une baisse des taux et il y a des arguments qui plaident pour."

Avec un taux de chômage mesuré à 10,6% en janvier par Eurostat, la France se situe juste en dessous de la moyenne de l'Union.

Pour l'ensemble de l'Union européenne, Bruxelles a recensé 26,217 millions de demandeurs d'emploi, soit un taux de chômage de 10,8% contre 10,7% en décembre.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • M9385839 le vendredi 1 mar 2013 à 14:05

    quel rapport entre taux et croissance???? l exemple du japon est pour le coup excellent