L'inflation en zone euro pointe vers un statu quo de la BCE

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L'INFLATION DANS LA ZONE EURO
L'INFLATION DANS LA ZONE EURO

par Francesco Canepa et Francesco Guarascio

FRANCFORT/BRUXELLES (Reuters) - La baisse des prix s'est atténuée en mai dans la zone euro et le crédit aux entreprises a confirmé son redressement en avril, montrent les indicateurs publiés mardi, ce qui devrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à privilégier le statu quo jeudi lors de sa réunion de politique monétaire.

La BCE a lancé en mars 2015 un vaste programme de rachats d'actifs pour tenter de redresser l'inflation et la croissance dans la zone euro. Plus d'un an plus tard, les résultats de cet assouplissement quantitatif (QE) d'un montant total de 1.740 milliards d'euros se font toujours attendre.

Les prix à la consommation ont reculé de 0,1% sur un an en mai après une baisse de 0,2% en avril, en raison d'une contraction limitée des prix de l'énergie et d'une hausse des prix des services, selon les statistiques d'Eurostat.

Le crédit aux entreprises a pour sa part augmenté de 1,2% en avril, sa plus forte progression depuis novembre 2011 et un léger mieux par rapport au mois précédent, selon les données de la BCE.

Ces statistiques devraient conforter la banque centrale dans sa volonté de rester attentiste jeudi. L'institut de Francfort devrait aussi relever ses prévisions d'inflation pour cette année et la suivante en raison de la stabilisation des cours du pétrole.

Le tableau général dépeint par ces indicateurs macro-économiques reste toutefois morose.

Même en excluant les prix de l'énergie, l'inflation dans la zone euro n'a été que de 0,8% en mai, ce qui reste éloigné de l'objectif de la BCE d'une inflation légèrement inférieure à 2%.

En outre, la croissance des prêts aux ménages, qui sont les principaux consommateurs de crédit dans la zone euro, a ralenti pour la première fois depuis février 2015.

"Le message de la BCE jeudi sera que les choses semblent aller mieux", a commenté Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas. "Mais nous partons de points bas: l'inflation reste faible et (...) les pressions à la baisse sur les prix demeurent."

La BCE pourrait devoir annoncer dès septembre une prolongation de son programme de rachats de 80 milliards d'euros d'actifs par mois, censé pour l'instant expirer en mars 2017, ajoute Clemente De Lucia.

La Banque centrale européenne a déjà prévenu que ses rachats d'actifs se poursuivraient tant que l'inflation ne serait pas remontée à un niveau satisfaisant. Elle a en outre élargi en mars la gamme d'actifs éligibles à ce programme, dans lequel pourra être incluse à partir du mois de juin de la dette d'entreprise.

La BCE a aussi décidé en mars qu'elle commencerait le mois prochain à rémunérer les banques qui se refinancent auprès d'elle à condition qu'elles réinjectent ensuite l'argent emprunté dans l'économie.

"Dès lors que les effets du paquet de mesures d'assouplissement annoncé en mars ne se sont pas encore répandus, une position d'attente fait sens", dit Holger Schmieding, économiste chez Berenberg.

(Patrick Vignal et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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