L'industrie française plus confiante, pas assez pour investir

le
0
L'INVESTISSEMENT DANS L'INDUSTRIE
L'INVESTISSEMENT DANS L'INDUSTRIE

PARIS (Reuters) - La stabilisation de l'économie française et la reprise du secteur manufacturier se sont confirmées en août selon l'Insee qui a fait état jeudi d'une nouvelle amélioration du moral des industriels, dont les prévisions d'investissement pour cette année ont encore été revues à la baisse.

L'indicateur du climat général des affaires a enregistré un quatrième mois consécutif de hausse en août, progressant de trois points à 90, son plus haut niveau depuis juin 2012, selon l'enquête mensuelle de l'Insee sur le moral des chefs d'entreprise.

L'institut de conjoncture évoque une "phase de stabilisation" et une "dynamique conjoncturelle désormais favorable dans l'industrie manufacturière".

Le climat des affaires dans l'industrie manufacturière a également enregistré une progression de trois points, supérieure aux attentes, l'indicateur correspondant atteignant un plus haut depuis la fin 2011, à 98.

Le moral des chefs d'entreprise s'est aussi amélioré en août dans les services (+2 points à 88) et le commerce de détail (+8 points à 94) tout en restant stable dans le bâtiment.

"L'ensemble des indicateurs reste à un niveau déprimé, en deçà de leur moyenne de longue période de 100, mais l'important est le moindre pessimisme qui s'en dégage", note Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas dans une note de recherche.

L'INVESTISSEMENT PLOMBÉ PAR L'AUTOMOBILE

Les industriels ont en revanche revu à la baisse leurs prévisions d'investissement pour cette année avec un recul attendu de 6% en valeur selon une enquête trimestrielle de l'Insee conduite en juillet et également publiée jeudi.

Au rythme des enquêtes trimestrielles, l'investissement industriel pour 2013 a d'abord été anticipé en recul de 2%, puis stable et enfin, dans la précédente publiée en mai, en baisse de 4%, ce qui témoigne de la faible visibilité des chefs d'entreprise.

L'investissement serait très fortement tiré vers le bas par le secteur automobile où il plongerait de 25% sur l'année, selon l'Insee.

Le redémarrage de l'investissement apparaît pourtant déterminant pour permettre à l'économie française de conforter le rebond de l'activité enregistré au deuxième trimestre.

La hausse inattendue de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) enregistrée sur la période avril-juin après deux trimestres consécutifs de contraction s'expliquait principalement par le dynamisme des dépenses des ménages et la reconstitution de leurs stocks par les entreprises.

La hausse de la consommation des ménages au deuxième trimestre (+0,4% en volume par rapport au trimestre précédent), qui reflétait en partie celle de leurs dépenses en énergie du fait de la mauvaise météo du printemps, risque d'être entravée par la modération salariale, la montée du chômage et le nouveau tour de vis fiscal qui doit intervenir cet automne.

Les stocks de produits finis étaient quant à eux quasi stables en août et leur niveau jugé conforme à la normale selon l'enquête mensuelle de conjoncture de l'Insee.

La contraction de l'investissement des entreprises en volume avait toutefois ralenti au deuxième trimestre à -0,1% après -0,9% au cours du trimestre précédent et les économistes soulignent le retard français en la matière.

L'investissement dans l'industrie représente environ un quart de l'investissement productif en France.

"Après les bons chiffres de la croissance du deuxième trimestre, la reprise continue de se dessiner mais d'un pas un petit peu plus sûr qu'anticipé il y a quelques mois", estime Hélène Baudchon.

Marc Joanny, édité par Sophie Louet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant