L'industrie européenne continue de souffrir

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L'INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO
L'INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - La baisse de l'activité industrielle dans la zone euro s'est encore accentuée en mars et la crise à Chypre pourrait, malgré l'accord de renflouement, favoriser une poursuite de cette dégradation, montrent mardi les résultats définitifs des enquêtes mensuelles auprès des directeurs d'achats du secteur.

L'indice PMI manufacturier des Dix-Sept a reculé à 46,8 contre 47,9 en février, un chiffre légèrement supérieur à l'estimation initiale de 46,6 publiée le 21 mars mais qui n'en prolonge pas moins - pour le 20e mois consécutif - la période de contraction de l'activité.

L'Allemagne et l'Irlande, où les enquêtes avaient montré de timides signes d'amélioration en février, ont vu la situation de leur industrie se dégrader de nouveau en mars. Et la contraction s'est accentuée partout ailleurs, sauf en France, où l'indice a enregistré une hausse symbolique, à 44,0 contre 43,9.

L'escalade de la crise chypriote au cours des derniers jours du mois a eu semble-t-il peu d'impact sur l'activité manufacturière de la zone euro mais cela pourrait changer ce mois-ci.

"Même si, par certains côtés, il est rassurant de voir que la situation à Chypre ne s'est pas traduite par un impact immédiat sur l'activité, la crainte est de voir ce dernier épisode de la crise de la région détériorer encore la demande en avril", a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez Markit.

Chypre a conclu il y a huit jours - le 25 mars - avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) un accord de renflouement de 10 milliards d'euros censé contenir le risque d'effondrement de son système bancaire et de son économie.

UN RISQUE POUR LE PIB

Et alors que la situation économique en Europe reste très déprimée, les économistes redoutent désormais de voir d'autres pays s'ajouter à la liste des Etats nécessitant une aide extérieure, la Slovénie et l'Espagne étant considérés comme les candidats potentiels les plus probables.

Markit précise que les industriels ont fait état, pour mars, d'une hausse de la demande en provenance d'Amérique du Nord et d'Asie du Sud, mais ajoute que le marasme économique de la zone euro se fait durement ressentir dans leurs carnets de commandes.

La composante des nouvelles commandes à l'export est tombée à 48,7 le mois dernier après être remontée à 51,7 en février, son premier mois depuis juin 2011 au-dessus de la barre de 50 séparant contraction et expansion.

Les Pays-Bas et l'Italie sont les seuls pays à enregistrer une hausse de leurs commandes à l'export.

"L'industrie manufacturière de la zone euro (...) semble avoir tiré l'économie à la baisse au premier trimestre, avec une accélération du rythme de la baisse en mars qui augmente le risque de voir la crise s'accentuer elle aussi au deuxième trimestre", dit Chris Williamson.

Les économistes interrogés par Reuters prévoient une baisse de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro sur les trois premiers mois de l'année.

La situation n'est guère meilleure dans les pays européens qui n'utilisent pas la monnaie unique: en Grande-Bretagne, le PMI manufacturier est certes remonté en mars à 48,3 contre 47,9 mais il traduit toujours une contraction qui menace l'économie britannique d'un "triple dip", une troisième récession en moins de cinq ans.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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