L'industrie en zone euro sort du marasme, mais doucement

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CROISSANCE DE L'INDUSTRIE EN ZONE EURO EN JANVIER
CROISSANCE DE L'INDUSTRIE EN ZONE EURO EN JANVIER

PARIS/LONDRES/BERLIN (Reuters) - L'activité manufacturière dans la zone euro a enregistré une modeste croissance en janvier, mois marqué par une nouvelle baisse des prix consentie par les entreprises, la baisse l'euro ne se traduisant pas par un bond des commandes en provenance de l'international.

L'indice PMI manufacturier a ainsi remonté à 51,0, niveau identique à la première estimation, contre 50,6 en décembre. Cet indice est toutefois à son plus haut niveau en six mois.

"Le secteur manufacturier de la zone euro semble vouloir sortir du marasme au début de l'année, mais le taux de croissance est resté désespérément faible, ce qui justifie la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de passer à l'action", a estimé Chris Williamson, économiste chez Markit.

L'enquête de Markit a été menée avant la décision de la BCE de mettre en place un programme d'assouplissement quantitatif.

La baisse des prix appliquée par les entreprises en janvier est la plus prononcée depuis la mi-2013.

L'euro accuse un repli de plus de 6% face au dollar depuis le début de l'année, ce qui rend les produits fabriqués dans la zone euro meilleurs marché pour les acheteurs basés à l'international.

Mais les nouvelles commandes à l'exportation ont moins augmenté en janvier qu'en décembre.

En ALLEMAGNE, un rythme plus lent de créations d'emplois et une baisse de la demande à l'exportation ont freiné la croissance dans le secteur manufacturier de la première économie d'Europe en début d'année.

L'indice PMI manufacturier, qui représente environ un cinquième de l'économie, s'est établi en version définitive à 50,9, contre 51,0 en première estimation et 51,2 en décembre.

Le chiffre de janvier s'inscrit en net repli par rapport à ses niveaux du début de l'an dernier.

Markit ajoute que le niveau de créations d'emplois est retombé à un rythme très faible avec les annonces de mesures de rationalisation et la mise en place d'un salaire minimum.

Les nouvelles commandes n'ont augmenté que légèrement. Les commandes à l'exportation ont très légèrement diminué après avoir progressé en décembre, les entreprises mettant en avant la baisse de la demande de Russie et des marchés d'Asie.

"Les résultats de l'enquête de janvier présentent un tableau quelque peu mitigé de l'économie manufacturière en Allemagne", relève Oliver Kolodseike, économiste chez Markit.

"Avec la baisse des prix pétroliers qui commence à être répercutée au niveau du consommateur, on peut espérer une reprise de la croissance économique dans les mois à venir", ajoute-t-il dans un communiqué.

En FRANCE, l'activité dans le secteur manufacturier s'est très légèrement contractée en janvier. L'indice global du secteur est ressorti à 49,2 contre 47,5 en décembre, restant sous la barre de 50 pour le neuvième mois consécutif.

Il s'inscrit en deçà de sa première estimation, qui se situait à 49,5, mais atteint son plus haut niveau depuis mai.

L'indice de la production progresse nettement, à 49,1 contre 45,6 en décembre, signalant un huitième mois consécutif de baisse tout en atteignant son plus haut niveau depuis mai.

Le volume des nouvelles commandes diminue de nouveau, portant le recul à neuf mois consécutifs, la contraction étant la plus faible depuis mai.

L'indice de l'emploi progresse lui aussi pour atteindre son plus haut niveau depuis avril mais il reste sous la barre de 50 pour le dixième mois consécutif, ce qui signale un ralentissement des suppressions de postes.

En GRANDE-BRETAGNE, qui n'est pas dans la zone euro, la croissance du secteur manufacturier s'est légèrement accélérée en janvier, grâce à une modeste reprise des commandes à l'exportation dans un contexte de forte baisse des prix consentie par les entreprises, la plus marquée depuis 2009, pour relancer l'activité.

L'indice Markit/CIPS est remonté à 53,0, contre 52,7 en décembre et un niveau de 52,6 attendu par les économistes interrogés par Reuters.

Les données publiées par Markit laissent entrevoir un rythme de hausse de la production de 0,2% sur le premier trimestre de l'année, contre 0,1% sur les trois derniers mois de 2014.

Même si le pays a connu l'an dernier sa plus forte croissance depuis 2007, elle avait été moins marquée que prévu sur le dernier trimestre 2014.

En ITALIE, l'activité manufacturière s'est contractée en janvier pour le quatrième mois d'affilée, éloignant les espoirs d'une sortie rapide de récession.

Selon l'enquête réalisée par Markit et l'association nationale des directeurs d'achat Adaci, l'indice PMI est cependant remonté à 49,9, tout juste sous la barre des 50. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une contraction plus limitée, à 49,4.

Le sous-indice de la production se situe au-dessus de la barre des 50 pour la première fois depuis septembre. La composante nouvelles commandes a remonté à 47,8 contre 47,0 en décembre.

Le sous-indice de l'emploi suggère que les employeurs ont recommencé à embaucher après trois mois de licenciements.

La troisième économie de la zone euro n'a pas connu un seul trimestre de croissance sur les trois dernières années et selon la Banque d'Italie, la récession actuelle s'est probablement poursuivie au quatrième trimestre 2014.

En ESPAGNE, le secteur manufacturier a vu sa croissance s'accélérer en janvier, avec, à la clef, un niveau de créations d'emplois jamais vu depuis plus de sept ans.

L'indice PMI manufacturier a atteint 54,7, contre 53,8 en décembre, se situant ainsi au-dessus de la barre de 50 pour le quatorzième mois d'affilée.

L'économie espagnole est sortie à la mi-2013 de cinq ans de récession ou de stagnation et connaît depuis lors une forte croissance, mais avec un taux de chômage qui reste à 23,7%.

La quatrième puissance économique de la zone euro a bénéficié au quatrième trimestre 2014 de sa plus forte croissance depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, grâce entre autres à la chute des prix de l'énergie

"Le secteur manufacturier espagnol a entamé la nouvelle année comme il avait terminé la précédente, avec une croissance solide de la production (...)", a déclaré Andrew Harker, économiste chez Markit.

La composante emploi est montée à 53,8 en janvier, un pic depuis juin 2007.

Aux PAYS-BAS, le secteur manufacturier a vu sa croissance accélérer, avec un indice Nevi/DPA à 54,1 contre 53,5 en décembre, selon Markit qui calcule l'indice.

La composante de la production marque une hausse pour le 21e mois d'affilée et celles des entrées de commandes ont également progressé.

En GRÈCE, le secteur manufacturier a subi une nette contraction en janvier, les incertitudes avant les élections de la fin du mois dernier, qui ont vu la victoire du parti anti-austérité Syriza, ayant pesé sur les prises de commandes, contraignant les fabricants à réduire leur production.

L'indice PMI du secteur manufacturier, qui pèse à hauteur de 10% du produit intérieur brut (PIB) grec, est ainsi tombé à 48,3, un creux de 15 mois, contre 49,4 en décembre.

Sur les huit derniers mois, cet indice s'est retrouvé à sept reprises sous la barre des 50.

Malgré la baisse de nouvelles commandes et de la production, les employeurs ont embauché pour le deuxième mois de suite, notamment dans le secteur de biens de consommation courante.

(Service économique)

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