L'industrie décélère en Europe comme en Asie

le
0
LA DÉGRADATION DE LA DEMANDE PÈSE SUR L'INDUSTRIE EUROPÉENNE ET ASIATIQUE
LA DÉGRADATION DE LA DEMANDE PÈSE SUR L'INDUSTRIE EUROPÉENNE ET ASIATIQUE

par Sumanta Dey et Wayne Cole

BANGALORE/SYDNEY (Reuters) - La dégradation de la demande en dépit de la modération des prix a pesé sur l'activité du secteur manufacturier en septembre dans la majeure partie de l'Asie et de l'Europe, la faisant tomber à son plus bas niveau depuis plusieurs mois et suggérant un ralentissement de la croissance mondiale au cours des prochains mois.

La croissance a été quasi-nulle en Chine et elle a ralenti dans la zone euro et en Grande-Bretagne tandis que la baisse des nouvelles commandes n'épargnait ni l'Allemagne ni la France. Une évolution qui risque de compliquer la tâche des gouvernements et de la Banque centrale européenne (BCE) au moment où ils s'efforcent de relancer l'activité et l'inflation.

L'indice des directeurs d'achat (PMI) de la zone euro calculé par l'institut Markit a reculé à 50,3, son plus bas niveau depuis juillet 2013, les nouvelles commandes ayant diminué pour la première fois depuis plus d'un an.

"Il est très difficile de trouver le moindre élément favorable dans l'enquête PMI de septembre et la contraction des nouvelles commandes n'est pas de bon augure pour la production manufacturière au quatrième trimestre", a commenté Howard Archer, économiste de l'institut IHS Global Insight.

Ce ralentissement intervient malgré la baisse des prix pratiqués par les industriels, la première enregistrée depuis avril. L'inflation dans la zone euro est tombée à 0,3% sur un an en septembre, son plus bas niveau depuis la crise financière, selon la première estimation publiée mardi par Eurostat.

Ces éléments sont autant d'arguments supplémentaires pour les partisans du lancement par la BCE d'une véritable politique d'"assouplissement quantitatif" (QE) passant par l'achat d'emprunts d'Etat sur les marchés.

Les économistes interrogés par Reuters la semaine dernière estiment à 40% la probabilité de voir la banque centrale emprunter cette voie.

INQUIÉTUDES AUSSI EN ASIE

"Nous supposons qu'il existe encore des réticences importantes au sein du conseil des gouverneurs de la BCE face à un QE en bonne et due forme, donc il n'aura lieu que si la zone euro retombe en récession et si l'évolution des prix à la consommation se dégrade encore", explique Howard Archer.

En Allemagne, l'activité manufacturière s'est contractée en septembre pour la première fois en 15 mois, le PMI tombant à 49,9, de quoi nourrir les soupçons de ratés dans le moteur de la zone euro. L'industrie française, elle, affiche désormais cinq mois consécutifs de contraction même si le PMI est remonté à 48,8 contre 46,9 en août.

L'Italie et l'Espagne se distinguent néanmoins, le PMI italien, à 50,7, ayant repassé le seuil de 50 séparant contraction et expansion tandis que l'espagnol enregistrait son dixième mois consécutif au-dessus de cette barre, à 52,6.

En Grande-Bretagne, la croissance de l'activité est revenue à son rythme le plus faible en 17 mois, un élément qui pourrait alimenter le débat au sein de la Banque d'Angleterre sur l'opportunité d'un relèvement prochain des taux d'intérêt.

Les difficultés de l'industrie manufacturière ne sont pas limitées au Vieux Continent: en Chine, l'indice PMI officiel est resté inchangé à 51,1 en septembre confirmant la décélération observée en août.

En Inde, la croissance du secteur est tombée à son plus bas niveau depuis le début de l'année avec un PMI en recul à 51,0 tandis qu'en Corée du Sud, l'activité a diminué, alimentant les craintes sur la solidité de la reprise.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant