L'Indien Narendra Modi fait un geste vers ses voisins

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L'INDIEN NARENDRA MODI FAIT UN GESTE VERS SES VOISINS
L'INDIEN NARENDRA MODI FAIT UN GESTE VERS SES VOISINS

par Sruthi Gottipati

NEW DELHI (Reuters) - Le nouveau Premier ministre indien, le nationaliste hindou Narendra Modi, a invité les dirigeants du Pakistan et d'autres pays voisins à son investiture, geste sans précédent qui montre sa volonté d'apparaître comme un leader régional.

L'Inde a envoyé des invitations aux dirigeants des huit pays membres de l'Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR), dont le Bangladesh et le Népal, pour assister à la cérémonie prévue lundi à New Delhi, a annoncé mercredi le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP).

En tendant la main à des voisins avec lesquels l'Inde entretient des relations difficiles, Narendra Modi dévoile son ambition de devenir un leader régional mais également de contrer l'influence grandissante de la Chine.

"La secrétaire indienne aux Affaires étrangères Sujatha Singh a écrit à ses homologues de l'ASACR pour les convier à la cérémonie d'investiture du 26 mai", a annoncé un porte-parole du ministère sur Twitter.

Si le Premier ministre pakistanais assiste à la cérémonie qui doit avoir lieu sur le parvis du palais présidentiel, il s'agira d'une première dans l'histoire des deux rivaux, qui se sont livré trois guerres depuis leur indépendance en 1947.

Le dernier conflit entre les deux pays, qui possèdent tous les deux l'arme nucléaire, remonte à 1999 à propos de la région du Cachemire, également revendiquée par le Pakistan.

Nawaz Sharif n'a pas fait connaître ses intentions.

Selon la chaîne de télévision indienne CNN-IBN, le dirigeant pakistanais ne devrait pas assister à la cérémonie mais pourrait y déléguer un représentant.

MARGE DE MANOEUVRE

La représentation du Pakistan à New Delhi a déclaré ne pas avoir reçu d'invitation pour le moment. De son côté, le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, a fait avoir qu'il serait présent lundi.

En plus de l'aide militaire et civile au Pakistan, un allié de longue date, la Chine a construit un port au Sri Lanka et participe à la rénovation d'un autre au Bangladesh, accentuant l'inquiétude de Delhi d'être mis sur la touche.

"Politiquement, inviter les dirigeants de la région est intelligent", juge le politologue C.Raja Mohan. "En tant que plus grand pays de la région, l'Inde devrait tendre la main à ses voisins."

Même si Nawaz Sharif ne vient pas, la nouvelle administration à New Delhi aura montré sa volonté de rétablir des liens avec son voisin pakistanais, estiment les analystes.

Le BJP a longtemps plaidé pour une position ferme vis-à-vis du Pakistan et Narendra Modi lui-même est considéré comme un faucon sur les questions de sécurité nationale.

Mais sa très large victoire électorale lui offre la marge de manoeuvre nécessaire pour se rapprocher de ses voisins, tandis que son prédécesseur, Manmohan Singh, était empêtré dans des affaires de corruption et affaibli par son impopularité.

Nawaz Sharif avait lui aussi évoqué la possibilité d'inviter son homologue indien lors de sa cérémonie d'investiture l'année dernière mais Manmohan Singh avait décliné.

(Sruthi Gottipatti, Pierre Sérisier et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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