L'indice allemand ZEW à un plus haut depuis mai 2010

le
0
LES EFFETS DE LA CRISE SUR L'ALLEMAGNE POURRAIENT S'ÊTRE ATTÉNUÉS
LES EFFETS DE LA CRISE SUR L'ALLEMAGNE POURRAIENT S'ÊTRE ATTÉNUÉS

par Eva Kuehnen et Sakari Suoninen

MANNHEIM, Allemagne (Reuters) - L'indice ZEW, qui mesure le sentiment des investisseurs et des analystes en Allemagne, a atteint en janvier un niveau qu'il n'avait plus touché depuis mai 2010, suggérant que les effets de la crise de la zone euro sur la première économie européenne se sont atténués.

L'institut économique basé à Mannheim a publié un indicateur du sentiment des investisseurs en forte hausse, à 31,5 en janvier après 6,9 en décembre, soit la plus importante progression mensuelle en un an.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une amélioration nettement plus modeste, à 12,0.

Ces résultats sont en ligne avec l'indice Ifo du climat des affaires, qui avait atteint un plus haut de deux ans et demi en décembre et dont la statistique de janvier sera publiée vendredi.

La composante des conditions actuelles est toutefois moins reluisante, s'inscrivant à 7,1 après 5,7 en décembre et contre 6,0 attendu par les investisseurs.

"C'est un énorme bond et une bonne surprise. Cela reflète l'amélioration de la conjoncture économique mondiale, allant des perspectives de croissance en Chine aux commandes dans le secteur industriel allemand", commente Marco Bargel, économiste pour Postbank.

"L'amélioration du côté de la politique financière a évidemment également joué un rôle : les taux (payés par) les États endettés de la zone euro diminuent. (Les résultats de cette) étude pourraient augurer d'un meilleur premier semestre qu'attendu."

RETOUR ATTENDU DE L'INVESTISSEMENT

Selon l'institut ZEW, les perspectives économiques allemandes à six mois se sont améliorées et l'optimisme des entrepreneurs pourrait très vite se traduire par une reprise de l'investissement.

Pour le président du ZEW, Wolfgang Franz, l'indice publié ce mardi laisse penser que les investissements retardés en raison de l'incertitude qui régnait sur les marchés pourraient être débloqués.

"Cependant, la situation économique d'importants partenaires commerciaux est à juste titre considérée comme étant toujours faible", rappelle-t-il, précisant que l'économie allemande devrait croître à un rythme modéré en 2013.

Michael Schröder, économiste auprès de l'institut basé à Mannheim, explique le bond de l'indice par le traitement des problèmes budgétaires des pays du sud de l'Europe, ajoutant que celui-ci montre par ailleurs que l'économie allemande, qui a reculé de 0,5% au dernier trimestre, devrait de nouveau progresser dès à présent.

Cette analyse rejoint les prévisions de la Bundesbank qui déclarait lundi que le coup de frein de l'économie allemande devrait être de courte durée, ajoutant qu'elle pourrait avoir déjà touché son point bas.

La plupart des économistes tablent également sur une reprise au premier trimestre, évitant à l'Allemagne d'afficher un PIB en recul sur deux trimestres consécutifs, ce qui correspondrait à une récession.

"Les investisseurs semblent de plus en plus confiants dans le fait que le filet de sécurité mis en place par la BCE a prévenu le risque d'un effondrement catastrophique de la zone euro pour de bon", analyse Christian Schulz, économiste senior pour la Berenberg Bank.

Agathe Machecourt pour le service français, édité par Véronique Tison

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant