L'indépendantiste Carles Puigdemont élu président de la Catalogne

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    par Angus Berwick 
    MADRID, 10 janvier (Reuters) - Carles Puigdemont, maire de 
Gérone, a été élu dimanche à la présidence de la Catalogne après 
des semaines de blocage dues aux divergences entre les 
composantes du mouvement indépendantiste, désormais majoritaire 
au parlement régional.  
    Il succède à Artur Mas, qui avait renoncé la veille à 
briguer un nouveau mandat pour sortir de l'impasse et remettre 
la "Généralité" sur les rails de l'émancipation. Les 
indépendantistes, vainqueurs du scrutin régional du 5 septembre, 
se sont donnés 18 mois pour y parvenir.  
    Le président de la région devait être désigné avant lundi, 
faute de quoi de nouvelles élections auraient dû avoir lieu. 
    Selon le programme des indépendantistes, la région doit se 
doter d'ici un an et demi d'une Constitution, d'une armée, d'une 
Banque centrale, d'un appareil judiciaire et de tout ce qui 
constitue un Etat.  
    "Nous entamons un processus extrêmement important, sans 
précédent dans notre histoire récente, pour donner naissance à 
la Catalogne que nous voulons, pour construire collectivement un 
nouveau pays", a déclaré Carles Puigdemont, devant le parlement. 
    Pour y parvenir, a-t-il souligné, il faudra négocier avec 
Madrid, mais aussi avec l'Union européenne et la communauté 
internationale.  
    Très hostiles à ces projets, l'exécutif national les jugent 
anticonstitutionnels. Mariano Rajoy, président du gouvernement 
sortant, a promis de s'opposer à toute initiative unilatérale. 
     
    DIVERGENCES 
    "Je défendrai et préserverai la démocratie dans toute 
l'Espagne. Je défendrai la souveraineté du peuple espagnol", 
a-t-il affirmé dimanche lors d'une conférence de presse.  
    La Catalogne représente près d'un cinquième du PIB de 
l'Espagne.  
    La Parti populaire, auquel appartient Mariano Rajoy, est 
arrivé en tête des législatives nationales du 20 décembre, mais 
a été privé de sa majorité parlementaire. Il a réitéré samedi 
son appel à la constitution d'une "grande coalition" avec le 
Parti socialiste (PSOE). 
    Le chef du gouvernement a assuré dimanche avoir obtenu 
l'appui de Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, et 
d'Albert Rivera, chef de file des centristes de Ciudadanos, avec 
lesquels il s'est entretenu dans l'après-midi. 
    En Catalogne, la coalition indépendantiste Junts pel Si 
(Ensemble pour le oui), qui réunit Convergence démocratique de 
Catalogne (CDC, centre-droit), la Gauche républicaine de 
Catalogne (ERC) et les anticapitalistes de Candidature d'unité 
populaire (CUP), ne dispose que d'une courte majorité.   
    La CUP a annoncé il y a quelques jours qu'elle ne 
soutiendrait pas la candidature d'Artur Mas à un nouveau mandat 
en raison de profondes divergences sur des questions comme 
l'appartenance à l'Otan et à l'Union européenne. 
    L'intéressé, qui présidait de la région depuis 2010, a donc 
décidé samedi de laisser le champ libre à Carles Puigdemont.  
         
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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