L'indépendantiste Carles Puigdemont élu président de la Catalogne

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LA CATALOGNE A UN NOUVEAU PRÉSIDENT
LA CATALOGNE A UN NOUVEAU PRÉSIDENT

par Angus Berwick

MADRID (Reuters) - Carles Puigdemont, maire de Gérone, a été élu dimanche à la présidence de la Catalogne après des semaines de blocage dues aux divergences entre les composantes du mouvement indépendantiste, désormais majoritaire au parlement régional.

Il succède à Artur Mas, qui avait renoncé la veille à briguer un nouveau mandat pour sortir de l'impasse et remettre la "Généralité" sur les rails de l'émancipation. Les indépendantistes, vainqueurs du scrutin régional du 5 septembre, se sont donnés 18 mois pour y parvenir.

Le président de la région devait être désigné avant lundi, faute de quoi de nouvelles élections auraient dû avoir lieu.

Selon le programme des indépendantistes, la région doit se doter d'ici un an et demi d'une Constitution, d'une armée, d'une Banque centrale, d'un appareil judiciaire et de tout ce qui constitue un Etat.

"Nous entamons un processus extrêmement important, sans précédent dans notre histoire récente, pour donner naissance à la Catalogne que nous voulons, pour construire collectivement un nouveau pays", a déclaré Carles Puigdemont, devant le parlement.

Pour y parvenir, a-t-il souligné, il faudra négocier avec Madrid, mais aussi avec l'Union européenne et la communauté internationale.

Très hostiles à ces projets, l'exécutif national les jugent anticonstitutionnels. Mariano Rajoy, président du gouvernement sortant, a promis de s'opposer à toute initiative unilatérale.

DIVERGENCES

"Je défendrai et préserverai la démocratie dans toute l'Espagne. Je défendrai la souveraineté du peuple espagnol", a-t-il affirmé dimanche lors d'une conférence de presse.

La Catalogne représente près d'un cinquième du PIB de l'Espagne.

Le Parti populaire, auquel appartient Mariano Rajoy, est arrivé en tête des législatives nationales du 20 décembre, mais a été privé de sa majorité parlementaire. Il a réitéré samedi son appel à la constitution d'une "grande coalition" avec le Parti socialiste (PSOE).

Le chef du gouvernement a assuré dimanche avoir obtenu l'appui de Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, et d'Albert Rivera, chef de file des centristes de Ciudadanos, avec lesquels il s'est entretenu dans l'après-midi.

En Catalogne, la coalition indépendantiste Junts pel Si (Ensemble pour le oui), qui réunit Convergence démocratique de Catalogne (CDC, centre-droit), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et les anticapitalistes de Candidature d'unité populaire (CUP), ne dispose que d'une courte majorité.

La CUP a annoncé il y a quelques jours qu'elle ne soutiendrait pas la candidature d'Artur Mas à un nouveau mandat en raison de profondes divergences sur des questions comme l'appartenance à l'Otan et à l'Union européenne.

L'intéressé, qui présidait de la région depuis 2010, a donc décidé samedi de laisser le champ libre à Carles Puigdemont.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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