L'Inde vise 7,6% de croissance malgré le ralentissement

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 (actualisé avec précisions, contexte) 
    NEW DELHI, 8 février (Reuters) - La croissance de l'économie 
indienne a ralenti au cours des trois derniers mois de l'an 
dernier, au risque de compliquer la tâche du gouvernement dirigé 
par Narendra Modi, qui peine déjà à faire avancer son programme 
de réformes.  
    Le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a progressé de 
7,3% en rythme annuel au cours de la période octobre-décembre, 
montrent les statistiques officielles publiées lundi, après 7,7% 
(révisé) sur juillet-septembre. Ce chiffre est conforme au 
consensus des estimations d'économistes interrogés par Reuters. 
    De nombreux observateurs estiment que les chiffres officiels 
surestiment la vigueur de l'économie. Ils mettent en avant la 
faiblesse des exportations, du fret ferroviaire, de la 
production de ciment ou des carnets de commandes des 
entreprises. 
    New Delhi estime que la croissance du PIB sur l'ensemble de 
l'exercice budgétaire 2015-2016, qui s'achèvera fin mars, 
devrait atteindre 7,6% après 7,2% sur 2014-2015, ce qui suppose 
un taux de croissance de 7,8% sur janvier-mars.  
    Les chiffres officiels indiens sont d'autant plus difficiles 
à interpréter qu'ils sont calculés depuis janvier 2015 selon une 
nouvelle méthodologie, censée refléter plus fidèlement la 
création de valeur et qui a pour l'instant eu pour principal 
effet de doper la croissance du PIB.  
   La croissance d'avril-juin a ainsi été annoncée à 7,6% contre 
7% estimé initialement.  
    Troisième puissance économique d'Asie, l'Inde est souvent 
considérée comme un pôle de relative stabilité dans une économie 
mondiale incertaine. Mais certains investisseurs commencent à 
s'inquiéter des difficultés rencontrées par Narendra Modi pour 
réunir au Parlement les soutiens nécessaires à la mise en oeuvre 
des multiples réformes qu'il a promises, qu'elles concernent la 
propriété foncière, le secteur bancaire ou la fiscalité.  
    La Bourse de New Delhi, qui avait atteint en mars dernier 
son plus haut niveau historique grâce aux espoirs d'accélération 
des réformes, a d'ailleurs perdu plus de 20% depuis.  
    Faute de signe de rapprochement entre le BJP, le parti 
nationaliste au pouvoir, et le parti du Congrès, principal 
mouvement d'opposition, la session parlementaire qui débutera le 
23 février ne devrait pas permettre d'adopter de nouvelles 
réformes marquantes. 
    Les investisseurs attendent donc surtout le projet de budget 
qui doit être dévoilé le 29 février, lequel pourrait inclure des 
mesures de soutien à l'agriculture et à l'investissement.  
 
 (Rajesh Kumar Singh; Marc Angrand pour le service français) 
 
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