L'Inde, toujours à la recherche de charbon

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Commodesk - L'Inde cherche des solutions pour tenter de résoudre ses difficultés récurrentes d'approvisionnement en charbon.

L'Inde est une nouvelle fois sous la menace de pannes électriques géantes. Les stocks de charbon des centrales thermiques sont à leur plus bas niveau depuis des années, avec 7,4 millions de tonnes le 21 octobre, contre 8,4 millions à la même date il y a un an et 12 millions il y a deux ans. Actuellement, une trentaine de centrales thermiques sur les 89 du pays fonctionnent avec des stocks inférieurs à quatre jours de consommation. C'est le sud du pays qui risque le plus de subir des coupures.

Dans ces conditions, le moindre incident dans l'approvisionnement pourrait conduire à de nouvelles pannes géantes d'électricité, comme le pays en a encore connu l'été dernier.

Déjà, les centrales ne peuvent pas tourner à plein. Ainsi, la production d'électricité à base de charbon de la NTPC, la plus grande compagnie d'Etat d'électricité, n'a progressé depuis un an que de 4,5% alors que ses capacités installées ont augmenté de 11%.

La production de charbon augmente, mais moins vite que la demande

Selon les dernières données du ministère du Charbon, Coal India, la compagnie d'Etat qui assure l'essentiel de la production et de la distribution de charbon du pays, a produit 208,3 millions de tonnes entre le 1er avril et le 15 octobre 2012, un record et une progression de 9% par rapport à l'année dernière. Ce qui laisse encore espérer que Coal India atteigne son objectif de 464 millions de tonnes pour 2012-2013. Mais cette progression, après une stagnation pendant trois ans à un peu plus de 430 millions de tonnes, est loin de suffire pour faire face à la croissance de la demande.

L'Inde devrait donc augmenter une nouvelle fois ses importations de charbon cette année ; elles devraient dépasser les 100 millions de tonnes, contre 90 millions l'année dernière.

Pour faire face à l'essor industriel et raccorder une plus grande part de la population au réseau électrique, il est prévu que les capacités de production électrique du pays augmentent de 80.000 mégawatt à la fin du plan quinquennal en cours, en 2017. Or, pour cette même année, la demande domestique en charbon serait de 1 milliard de tonnes, pour une production locale qui ne dépasserait pas, au mieux, les 800 millions de tonnes.

De plus, selon l'autorité indienne de vérification des comptes publics (CAG), la production de Coal India atteindrait un pic à 664 millions de tonnes en 2016-2017, pour ensuite décliner en raison de l'épuisement des mines.

Ouvrir de nouvelles mines

Pour limiter la dépendance, à l'avenir, aux importations de charbon - plus coûteuses que la production locale -, l'objectif des compagnies énergétiques comme des autorités indiennes est de développer les mines, à la fois en Inde et à l'étranger.

Sur place, des compagnies reprochent au ministère de l'Environnement de bloquer les opportunités minières en étant trop avare d'attribution de permis. Un reproche balayé par le gouvernement, qui affirme que les autorisations ont été distribuées à un rythme sans précédent ces cinq dernières années, avec des permis accordés à 181 mines pour une capacité totale de 83 millions de tonnes par an.

Les investissements à l'étranger ralentis

Par ailleurs, le gouvernement veut favoriser les acquisitions d'actifs miniers à l'étranger. Mais, si les négociations sont souvent bien avancées entre les compagnies et les autorités locales (Indonésie, Australie, Mozambique, Etats-Unis...), les processus de validation par les autorités indiennes seraient beaucoup trop lents. Ainsi, l'International Coal Ventures Limited (ICVL), un groupement d'entreprises publiques (dont Coal India est l'un des principaux actionnaires) chargé procéder aux acquisitions à l'étranger, n'est pas parvenu à conclure la moindre transaction depuis sa création en 2009.

Par exemple, un projet minier au Mozambique reste pour l'instant bloqué alors que le permis d'exploration a été obtenu en août 2009, ce qui inquiète les promoteurs de ce projet, qui voient les entreprises chinoises investir massivement et rapidement dans les mines du pays.

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