L'Inde dédommage les populations déplacées par les mines

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Commodesk - Mis en cause par les ONG, le gouvernement indien a décidé d'indemniser les populations tribales vivant dans des forêts recouvrant un riche sous-sol minier. La priorité est donnée au développement des mines de charbon, mais les habitants autochtones chassés de leurs terres devraient bénéficier de 500 millions d'euros par an de dédommagements.

L'ONG Kalpavriksh a critiqué la politique environnementale de l'Inde au regard des droits humains des populations déplacées,  mettant en avant le cas des habitants de la forêt de Mohan, dans l'Etat du Madya Pradesh, à forte densité en mines de charbon. D'après les défenseurs de l'environnement, 1,1 million d'hectares de forêts abritant 14.000 personnes sont menacés par 13 projets miniers dans le centre du pays.

En vertu d'une nouvelle loi sur le développement minier, 26% des revenus des mines de charbon iront à une fondation, chargée de développer les districts dont les habitants sont déplacés par ces activités. Le système s'appliquera également aux minerais dont les royalties sont plus basses, comme le fer. Pour le ministre de l'environnement, cette attribution de ressources pour le développement sera un progrès. Les royalties des mines indiennes représentaient 72,8 milliards de roupies en 2010-2011, soit plus d'un milliard d'euros, et la somme pourrait doubler avec les ouvertures de nouvelles mines.

En Inde, les 50 districts les plus riches en ressources charbonnières sont aussi ceux qui comptent les populations autochtones et les superficies boisées les plus importantes. La mise en place de compensations est facilitée par le fait que Coal India, société publique, extrait 90% du charbon du sous-sol indien. La compagnie charbonnière devrait verser 25 milliards de roupies par an à la fondation.

Cette politique rappelle les lois d'indigénisation appliquées aux compagnies minières occidentales au Zimbabwe, où une partie des richesses extraites du sous-sol revient aux communautés voisines des mines. Jusqu'ici, aucune indemnisation n'était versée en Inde aux populations délogées par les sociétés minières, de crainte de mettre en péril l'équilibre financier des entreprises.

Le gouvernement a proposé d'établir un répertoire des forêts primaires à préserver, après être revenu sur le classement de massifs forestiers, zones interdites pour l'exploitation  minière. Coal India, dont 154 projets étaient bloqués par ce dispositif, justifiait ainsi son incapacité à extraire 210 millions de tonnes de charbon de plus, réclamées par les industriels.

Débattue depuis plusieurs mois, la loi sera examinée au Parlement lors de la session d'hiver.

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