L'Inde affiche la plus forte croissance des grandes économies

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NEW DELHI, 9 février (Reuters) - Le gouvernement indien a prédit lundi une accélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 7,4% pour l'année fiscale s'achevant en mars à la suite d'un changement de méthode de calcul. Cette estimation est nettement plus élevée que la prédiction d'une croissance de 5,5% avancée par la banque centrale indienne selon l'ancienne méthode de calcul. Elle est aussi à comparer à la croissance de 6,9% de l'année précédente, chiffre révisé. Selon la nouvelle méthode, la troisième économie d'Asie a connu une croissance de 7,5% en rythme annuel au cours du trimestre clos fin décembre. Cela dépasse les 7,3% annoncés par la Chine sur ces trois mêmes mois et permet à l'Inde d'afficher la croissance la plus forte parmi les grandes économies du monde. Ces chiffres marquent un revirement spectaculaire pour une économie perçue encore très récemment comme incapable de se redresser malgré l'arrivée au pouvoir en mai du nationaliste Narendra Modi, élu notamment sur des promesses de réformes libérales. Avant l'élection de Modi, l'économie indienne était engluée dans sa phase de croissance la plus faible depuis les années 1980. Le redressement paraît toutefois en trompe l'oeil. L'Inde mesure désormais son PIB en fonction des prix de marché et non plus au coût des facteurs pour prendre en compte la valeur ajoutée brute aux biens et services ainsi que la fiscalité indirecte. D'autres indicateurs, comme la production industrielle ou le commerce extérieur, donnent à penser que l'économie indienne peine à redécoller. Economiste chez ICICI Securities Primary Dealership, A. Prasanna s'interroge sur la crédibilité des chiffres annoncés lundi et invite le gouvernement à expliquer les incohérences. "Le gouvernement dit lui-même que les recettes fiscales sont lentes en raison d'un ralentissement de l'économie, mais une autre partie du gouvernement dit que la croissance du PIB est bonne", dit-il. "Cela signifie soit qu'une partie de l'économie n'est pas taxée, soit qu'il y a un problème avec les statistiques." Néanmoins, aux yeux des économistes, ces chiffres ne devraient pas inciter la banque centrale indienne à abaisser ses taux d'intérêt, ou alors modérément. La croissance du premier semestre de l'exercice 2014-2015 (avril-septembre) a aussi été revue en nette hausse, à environ 7,4% contre 5,5% précédemment calculé selon l'ancienne méthode. (Rajesh Kumar Singh et Manoj Kumar; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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