L'Inde a du mal à vendre son blé

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(Commodesk) Alors qu'elle fait face à une crise du stockage de céréales, l'Inde cherche à exporter une partie de sa production de blé. La récolte 2011-2012 s'annonce record à près de 90 millions de tonnes, et environ 20 millions de tonnes ne pourront pas être entreposés. Les exportations sont de nouveau autorisées depuis mars dernier, après avoir été stoppées en 2007.

Les contrats sont cependant difficiles à conclure pour les autorités de New Dehli, qui ont démarché de nombreux pays. Fin mai, une mise aux enchères pour deux millions de tonnes de blé avait été organisée, mais aucun achat n'a ensuite été annoncé. Par la suite, le gouvernement a évoqué des discussions avec plusieurs partenaires, notamment l'Irak, la Malaisie et l'Iran. Mais là encore, aucune annonce de contrat n'est intervenue.

Mardi 26 juin, l'Inde a paraphé un accord avec des pays du Moyen-Orient, sans préciser lesquels. Mais celui-ci porte sur seulement 200.000 tonnes de blé, quantité dérisoire au regard des surplus indiens, même si d'autres livraisons devraient intervenir dans les semaines à venir avec ces pays, selon New Dehli.

Les prix en vigueur en Inde sont pourtant attractifs, actuellement parmi les moins élevés du marché. Grâce notamment à la faiblesse de la roupie, le différentiel avec l'Australie est de 30 dollars la tonne, à 255 dollars sans les frais de transport.

Mais la production indienne est réputée de moins bonne qualité que celle d'autres exportateurs, et est toujours bannie dans certains pays comme l'Iran suite à des maladies décelées dans les années 1990.

Le taux de protéine est compris entre 10 et 11% en Inde, contre au minimum 13% en Australie et au Canada. Or, cette donnée est un critère très important pour les acheteurs : elle est primordiale pour la qualité de la farine, et concernant l'alimentation animale, plus le taux de protéine est élevé, moins les quantités nécessaires sont importantes. Il s'agit d'un argument commercial déterminant, qui peut justifier des écarts de prix.
Le différentiel de taux de protéines entre les productions des différents pays s'explique en partie par le climat : plus celui-ci est sec, plus le niveau de protéines est élevé, comme aux Etats-Unis ou en Allemagne. Mais en Inde, les cultures de blé sont exposées à un temps plus humide et à de forts écarts de température.
Dans le cadre d'une agriculture intensive, la qualité et le dosage des engrais utilisés ont aussi un impact sur le taux de protéines. Ce dernier doit être "optimisé par l'injection d'engrais azotés par apports fractionnés", explique l'Association générale des producteurs de blé.

L'obsolescence des infrastructures de stockage en Inde nuit également à la qualité de la production : le blé n'est pas entreposé dans des conditions optimales et se détériore très rapidement, d'où la méfiance des clients potentiels.

Enfin, la politique agricole et commerciale menée par les autorités est dissuasive pour les négociants, puisque le gouvernement est contractuellement engagé à acheter aux producteurs à prix garanti, quelle que soit la qualité de la récolte. Celle-ci étant très inégale selon les régions et les années, les importateurs sont face à une incertitude quant au produit qu'ils commandent.

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