L'incertitude sur les Mistral inquiète Saint-Nazaire

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INQUIÉTUDE À SAINT-NAZAIRE EN RAISON DE L'INCERTITUDE SUR LES MISTRAL
INQUIÉTUDE À SAINT-NAZAIRE EN RAISON DE L'INCERTITUDE SUR LES MISTRAL

NANTES (Reuters) - Les menaces qui pèsent sur la livraison des navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie inquiètent les syndicats des chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), déjà affectés récemment par une série de mauvaises nouvelles.

La présidence française a annoncé mercredi que les "actions" menées par la Russie dans l'est de l'Ukraine ne permettaient pas pour l'instant de donner le feu vert à la livraison du premier Bâtiment de projection et de commandement (BPC), prévue cet automne, et sur lequel 400 marins russes se forment depuis juin.

La décision n'est pas définitive, François Hollande ayant laissé une porte ouverte au cas où la situation sur le terrain s'améliorerait.

Mais les syndicats redoutent déjà l'arrêt de la construction du second Mistral commandé par la Russie et dont la livraison devait intervenir en 2015.

"Il faut absolument construire le deuxième BPC, c'est un impératif", déclare Nathalie Durand-Prinborgne, secrétaire de la section Force ouvrière des ex-chantiers de l'Atlantique. "Sans ça, 300 salariés de STX pourraient se retrouver au chômage partiel, sans compter ceux des sous-traitants."

"Nous, on est là pour défendre la charge de travail des salariés des chantiers", ajoute-t-elle en précisant avoir été "très étonnée" par la communication de l'Elysée. "La question de savoir à qui on les livre, ce n'est pas notre problème: c'est un débat politique."

L'impact social d'un éventuel arrêt de la construction des BPC est d'autant plus sensible aux chantiers navals de Saint-Nazaire que l'entreprise a dû suspendre le projet de "ferry écologique" de Brittany Ferries faute de financements.

UN RISQUE D'ÉVASION ?

La lettre d'intention de commande de quatre ferries passée par l'ancienne direction de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) est elle aussi devenue caduque en raison des grandes difficultés dans lesquelles se trouve la compagnie.

L'annulation de la livraison d'un navire à un stade avancé ne serait pas une première pour STX, qui avait déjà revendu en 2012 au croisiériste italo-suisse MSC un paquebot commandé par une compagnie d'Etat libyenne, mais dont le paiement avait été bloqué par le gel international des avoirs du régime Kadhafi.

Un rassemblement aura lieu dimanche devant le Vladivostok, le premier des deux BPC commandés par la Russie, par l'association "Mistral Gagnons", portée par les élus locaux du Front national, qui milite pour la livraison, tout comme une bonne partie de la droite française.

Les opposants se réjouissent en revanche de la décision prise par François Hollande.

"C'est forcément une bonne nouvelle, mais pourquoi avoir attendu autant de morts et de destructions en Ukraine?", demande Bernard Grua, un chef d'entreprise nantais qui dirige la campagne du collectif "No Mistrals for Putin".

"Cette décision aurait pu être prise dès le mois de mars, il va désormais falloir des années pour restaurer la crédibilité de la France", se désole-t-il. "On va continuer à se battre pour que cette commande soit annulée, et pas simplement suspendue."

Un rassemblement d'opposants est prévu dimanche devant le Vladivostok, à trois jours d'une nouvelle séance d'essais en mer du navire, et Bernard Grua évoque un "risque d'évasion" du navire vers la Russie.

L'activiste cite en exemple le précédent des "vedettes de Cherbourg". Dans la nuit de Noël'69, des navires lance-missiles commandés par Israël furent détournés vers ce pays en dépit de l'embargo sur les ventes d'armes qui le visait, après le déclenchement de la guerre des Six-Jours.

(Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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  • M6445098 le jeudi 4 sept 2014 à 14:03

    alors, heureux de vous sacrifier pour les ukrainiens?! et ce n'est pas fini, il faudra payer les dettes de l'Ukraine puis les goberger au sein de l'UE. bon courage aux européens qui vont devoir entretenir ces profiteurs pendant longtemps. quant aux navires, ce n'est pas un souci, nos "amis" américains vont se substituer aux russes et nous les acheter...ou pas. tout ça pour un pays corrompu et surendetté, on tombe sur la tête!

  • mucius le jeudi 4 sept 2014 à 13:46

    La situation économique précaire de la France la met à la merci de toutes les pressions internationales.Typique du pays en décadence dont la culture économique et politique est anachronique

  • dupon666 le jeudi 4 sept 2014 à 12:53

    les russes n'ont aucun interet à "voler" le bateau..d'une part ils n'ont plus besoin de ce bateau gadget et d'autre part ils vont toucher un paquet de pognon en penalite pour rupture de contrat....penalites payees par nous tous