L'incertitude politique dans une nouvelle phase au Portugal

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    par Axel Bugge 
    LISBONNE, 8 mars (Reuters) - L'incertitude politique qui 
plane depuis des mois sur le Portugal entre mercredi dans une 
nouvelle phase avec la prestation de serment du nouveau 
président, Marcelo Rebelo de Sousa. 
    Le chef de l'Etat issu de la droite portugaise va cohabiter 
avec le gouvernement de gauche constitué par le Premier ministre 
socialiste Antonio Costa avec le soutien des communistes et du 
Bloc de gauche alors que la droite était arrivée en tête des 
législatives d'octobre, sans retrouver cependant la majorité 
dont elle disposait dans la précédente législature. 
    En vertu de la constitution portugaise, Rebelo de Sousa 
disposera à compter du mois prochain du pouvoir de dissoudre le 
Parlement et de convoquer de nouvelles élections législatives 
(un délai incompressible de six mois doit s'écouler entre deux 
élections législatives). 
    Au soir de son élection dès le premier tour, le 24 janvier, 
le nouveau président a déclaré que la priorité était de 
"raffermir la stabilité politique et l'entente nécessaire pour 
gouverner" et que le moment n'était pas à la division. 
    Nombre de politologues doutent cependant que le gouvernement 
Costa ira au terme des quatre années de la législature. Ils 
estiment que le Premier ministre socialiste aura du mal à tenir 
ses engagements en matière de réduction du déficit budgétaire 
face à la volonté de ses alliés au Parlement d'en finir avec 
l'austérité.  
    En cas de divorce entre les socialistes et l'extrême gauche, 
Rebelo de Sousa aura alors toute latitude pour convoquer de 
nouvelles élections. 
    Le Portugal, qui a fait l'objet d'un plan de renflouement 
financier en 2011, traverse une nouvelle zone de turbulences 
économiques: le chômage, qui refluait depuis 2013, est reparti à 
la hausse et l'investissement a reculé au quatrième trimestre 
2015. 
    Au début du mois, l'agence Fitch a abaissé de "positive" à 
"stable" la perspective de la note souveraine du Portugal tandis 
que les rendements des emprunts portugais, le taux auquel le 
pays se finance sur les marchés obligataires, sont en 
augmentation depuis le début de l'année.  
    C'est dans ce contexte que Costa va devoir mettre en oeuvre 
près d'un milliard d'euros d'économies supplémentaires pour 
rester dans le cadrage négocié avec Bruxelles.  ID:nL8N15K40S  
    "Il est très difficile de mettre en oeuvre ce que veut 
Bruxelles quand vos partenaires s'opposent fondamentalement à la 
consolidation budgétaire", souligne Antonio Barroso, de la firme 
de conseil Teneo Intelligence. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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