L'immobilier parisien retrouve sa tendance haussière

le , mis à jour à 18:29
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L'immobilier parisien retrouve quelques couleurs depuis le début de l'année après une lente baisse d'un peu plus de 10% en quatre ans.
L'immobilier parisien retrouve quelques couleurs depuis le début de l'année après une lente baisse d'un peu plus de 10% en quatre ans.

Les prix de l’immobilier parisien ont gagné 0,2% au cours du mois de mars, à 7.790 euros/m² en moyenne d’après le dernier baromètre de MeilleursAgents. Depuis le début de l’année, les prix de l’immobilier auraient gagné 0,9% à Paris. Un phénomène dû à une poursuite de la baisse des taux.

« À Paris, les prix de l’immobilier résidentiel ancien ont augmenté en moyenne de +0,2% au mois de mars 2016. Au total, la hausse est de +0,9% depuis le début de l’année. En mars, les studios et 2 pièces ont augmenté de +0,1% (+0,9% depuis janvier) et les grandes surfaces de +0,3% (+0,8% depuis janvier) » détaille MeilleursAgents dans son dernier baromètre des prix de l’immobilier en France.

« Le marché immobilier retrouve mois après mois un certain dynamisme », commente le site d’information sur l’immobilier, pour qui « Cette reprise est entièrement due au niveau historiquement bas des taux d’intérêt qui booste le pouvoir d’achat des ménages solvables ».

En régions, les tendances observées dans les principales villes de France se creusent. À Nantes (+0,2% en mars), Bordeaux (+0,6%) et Lyon (+0,3%), les prix ont continué de progresser le mois dernier après une année 2015 déjà positive. À l’inverse, à Lille (-0,1%), Strasbourg (-0,8%), Nice (-0,9%) ou encore Marseille (-0,1%), les prix ont continué de se contracter, accentuant leur tendance des 12 derniers mois.

« La demande reste faible par rapport à l’offre »

Pourtant, la tendance reste quelque peu fragile. « La demande reste faible par rapport à l’offre » observe en effet le site d’information. À Paris, le rapport reste de 1,3 acheteur pour 1 vendeur. Or, MeilleursAgents estime comme toujours qu’il faudrait plus de 2 acheteurs pour 1 vendeur pour que les prix de l’immobilier retrouvent une véritable tendance stable à haussière.

« Le retour d’un nombre suffisant d’acheteurs dans le marché, seul moteur d’une reprise saine et durable, n’est toujours pas présent. C’est pourquoi nous avons du mal à entonner le refrain général de reprise », commente Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.

Ce dernier met également en garde vis-à-vis d’une interprétation trop enthousiaste de la hausse des volumes de transactions enregistrés l’année dernière. « Le creux mesuré en 2014 (692.000 transactions en France) a été suivi d’une augmentation de +15,5% en 2015 (800.000 transactions). Dans la réalité, le creux de 2014 s’explique en grande partie par la mise en œuvre de la loi ALUR qui a ralenti considérablement les transactions au point de reporter l’équivalent d’un mois (50 à 60.000 transactions) sur l’année suivante », explique-t-il.

L’optimisme modéré de MeilleursAgents ne doit cependant par être pris pour du pessimisme. Même si la « reprise » reste plus timide qu’on le dit, il n’empêche que le marché immobilier s’est au moins stabilisé, permettant de mettre un terme au moins temporaire à la lente tendance baissière dans laquelle il s’était engagé depuis 2011-2012.

« C’est le moment d’acheter »

MeilleursAgents répond ainsi à l’éternelle question que se posent de nombreux foyers : « Est-ce le moment d’acheter ? Oui, mais pour un projet de vie et sans espérer de plus-value élevée à court ou moyen terme ». Sébastien de Lafond détaille : « Nous ne voyons plus les prix baisser beaucoup, c’est pourquoi nous recommandons d’acheter même si les prix ne seront pas nécessairement beaucoup plus élevés dans 10 ans ».

La faiblesse actuelle des taux d’emprunt est en effet synonyme de gains de pouvoir d’achat. « Prenons l’exemple de Paris. Les prix ont baissé de 11% depuis le plus haut de juillet 2011. À l’époque, le prix moyen du m2 était de 8,640€, il est aujourd’hui de 7,790€. Les taux d’intérêt à 20 ans sont passés de 4,3% en juillet 2011 à 2,15% aujourd’hui. Cela représente un gain de pouvoir d’achat de 21%. Ajouté à la baisse des prix, cela signifie que les acheteurs ont vu leur pouvoir d’achat augmenter de 32% en 5 ans, c’est considérable ! » remarque Sébastien de Lafond.

L’acte d’achat immobilier reste néanmoins réservé aux « heureux élus à qui les banques veulent bien prêter » ajoute le président du site d'informations immobilières. Les conditions d’octroi d’un prêt bancaire devraient pourtant est assouplies dans les mois à venir avec la mise en application des nouvelles mesures annoncées par la BCE, susceptibles de pousser les banques à prêter davantage aux entreprises et aux particuliers.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • sp500-in le mercredi 6 avr 2016 à 14:21

    A mon avis, il faut acheter D'ABORD pour avoir une qualité de vie et/ou sécuriser sa retraite. Il faut acheter pour soi et non pour louer dont les rendements sont devenus trop faibles. Et surtout rester raisonnable... je déconseille aussi les achats d'appartements qui sont de plus en plus soumis à des frais de copropriété de plus en plus exhorbitants... un habitat isolé et équipé d'un système de chauffage ENR c'est l'idéal... mais dur à trouver...

  • M803292 le mercredi 6 avr 2016 à 10:32

    Jermaup: d'accord avec toi, c'est un marché de pigeons, et la communication est manipulée par les medias immobiliers. Le prix remonte ? ha oui 0.9% quelle remontée en effet !! je vais me depecher de prendre un credit de 500 000 euros sur 20 ans ! d'autant qu'avec cette somme dans d'autres pays, je n'aurais plus besoin de travailler avec ma famille.

  • al.laska le mercredi 6 avr 2016 à 10:18

    Ce genres de statistiques produites par des agents immobilier, cela me fait toujours un peu rêveur. Désolé mais j'attends plutôt les stats de l'INSEE qui ne prennent pas part au business.

  • kpm745 le mercredi 6 avr 2016 à 09:54

    Avec le PTZ et autres incitations fiscales le gouvernement cherche à augmente la demande pour maintenir des prix élevés sous la pression du lobby immobilier et des banquiers vendeurs de crédits. C’est une situation artificielle qui ne peut durer. Le chômage et l’appauvrissement général de la France finiront par faire éclater cette bulle

  • degrowth le mercredi 6 avr 2016 à 09:33

    Acheter , c'est devenir la vache à lait des collectivités locales et de l'état. Sans compter qu'à Paris c'est devenir membre d'une copropriété et assumer un supplément de charges non maîtrisables. C'est aussi se mettre dans la situation de vendeur potentiel ce qui peut être inconfortable. Si c'est pour se prémunir de l'inflation, les actions et les métaux précieux sont plus rentables et/ou plus liquides.

  • alduche le mercredi 6 avr 2016 à 09:12

    Les prix de l'immobilier remontent de façon fictive, télécommandés par les services fiscaux, au fur et à mesure qu'approche la date de déclaration de l'ISF. Ils ont créé un site "Patrim", seul habilité à donner les "vraies" références des transactions immobilières agréées par Bercy. Heureusement, les notaires, à condition de participer financièrement peuvent vous communiquer un éventail plus large des transactions réelles

  • c.voyant le mercredi 6 avr 2016 à 09:05

    Acheter dans l'ancien avec 8% de frais de notaires et 6% de frais d'agences, ou est l'intérêt? çà fait un total de 60 000€ c'est un peu lourd, une bonne baisse est mille fois plus profitable!

  • Jermaup le mercredi 6 avr 2016 à 09:05

    Taux bas pour attirer les pigeons.

  • Jermaup le mercredi 6 avr 2016 à 09:04

    Achat avec de plus forte plus value : Allemagne, Pologne, Bulgarie, Tchéquie.La France est un pays de vente pas d'achat, c'est comme tout on surpaye ce qu'on peut avoir pour beaucoup moins cher ailleurs.

  • c.voyant le mercredi 6 avr 2016 à 09:02

    Un bonne baisse vaut cent fois mieux que des taux d'intérêts bas, alors pourquoi se précipiter?