L'immobilier de luxe repart aux États-Unis

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En Californie, les ventes au-dessus de 5 millions de dollars sont en plein boom.

Ce domaine, flambant neuf, est situé dans le quartier chic d'Atlanta, une des métropoles américaines les plus dynamiques. Il est composé d'une propriété principale, d'une maison pour les invités et d'une grande piscine couverte. Soit près de 1 000 m2. Le tout est livré entièrement décoré. Il y a même des tableaux aux murs: deux Picasso et un Rembrandt. Un petit bijou pour lequel le promoteur réclame la bagatelle de 48 millions de dollars. Très cher? Peut-être. Mais, aux États-Unis, le marché de l'immobilier de luxe est en plein redémarrage. «En Californie, 697 transactions ont dépassé les cinq millions au cours des douze derniers mois, soit une augmentation supérieure à 40 %», souligne l'Américaine Betty Graham, présidente de Coldwell Banker, le réseau d'agences spécialiste des biens haut de gamme.

Comme la demande repart, les prix sont à la hausse. «+ 30 % depuis un an mais nous ne sommes pas encore revenus aux sommets de 2007 avant la crise», précise Betty Graham. L'inflation est visible à New York où les acheteurs s'arrachent les appartements dans les trois tours actuellement en construction à Manhattan. Au deuxième trimestre, le prix moyen d'un condominium dans ces nouveaux programmes a grimpé à 7,93 millions de dollars, contre 5,76 millions au premier trimestre, soit une progression de 37 %. Début 2012, la fille du milliardaire russe Dimitry Rybolovlev, s'est acheté un pied-à-terre à Manhattan pour 88 millions.

Trois villes sont plus concernées par cette flambée des prix: New York, Los Angeles et Miami. Des destinations qui attirent des milliardaires venus du monde entier. Ainsi, un Français vient de débourser 40 millions de dollars pour une maison donnant sur la plage de Malibu, à côté de Los Angeles. Un Chinois a fait un chèque de 34 millions pour une propriété sur Sunset Boulevard à Beverly Hills. Une internationalisation très visible en Californie: «30 % des ventes de biens immobiliers sont faites avec des étrangers dont 18 % avec des Chinois», explique Betty Graham. Avec des regroupements par communauté: beaucoup de Chinois achètent de très belles maisons à Pasadena, au nord-est de Los Angeles. D'autres ont des comportements difficilement compréhensibles. «Les parents d'un étudiant chinois lui payent une suite 2,5 millions dans un hôtel Ritz-Carlton à Los Angeles, car c'est proche de son université», raconte Betty Graham.

La maison de Versace à Miami difficile à vendre

Reste que, pour ces biens haut de gamme, le moindre défaut est rédhibitoire. Ainsi, la superbe maison de Miami où le couturier Gianni Versace a été assassiné en 1997 a du mal à trouver un acheteur. Tout simplement parce que si elle est proche de la mer elle se situe aussi à quelques mètres d'une rue très passante. Il s'avère donc difficile d'en sécuriser les accès. Résultat, l'actuel propriétaire Peter Loftin, qui a fait faillite, l'a mise en vente il y a six mois.

«Le prix est passé de 125 à 75 millions, raconte Betty Graham. Mais, finalement, elle ne s'est pas vendue et fera l'objet le 17 septembre d'une vente aux enchères.»

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