L'immobilier de luxe n'a pas été affecté par les attentats

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Si les prix restent en retrait par rapport à ceux de Londres, New York ou Hongkong, les ventes d’immobilier de luxe en France se portent bien.

Il y a quelques semaines, la vente d’un château «Louis XIV» flambant neuf à Louveciennes a défrayé la chronique. Il faut dire que le montant évoqué de la transaction avait de quoi faire sursauter les plus placides (on parlait de… 275 millions d’euros). Les ventes d’immobilier de luxe en France sont très loin de ce sommet et les prix restent nettement en retrait par rapport à ceux de Londres, New York ou Hongkong. Pourtant, ce segment du marché français va bien. Très bien même. Tous se réjouissent d’une très bonne année 2015.

Sur le créneau de l’hyperluxe, les acheteurs du Moyen-Orient sont actifs. «La déstabilisation du pourtour méditerranéen n’y est pas pour rien», estime Charles-Marie Jottras, le président de Féau. Ce sont les principaux acheteurs quand les transactions flirtent avec les sommets. Un cran plus bas, en termes de montants, les Américains sont eux aussi de retour. Tout comme les Britanniques.

«Les prix ne vont pas baisser»

«Les prix ne vont pas baisser», estime Thibault de Saint Vincent, le président de Barnes qui constate une reprise générale de l’activité, à Paris, Neuilly-sur-Seine, mais aussi sur la côte basque et à Megève par exemple. Et les acheteurs étrangers ne sont pas les seuls à croire en la pierre. Les Français, dont parfois certains sont résidents fiscaux ailleurs, craquent de nouveau pour de beaux biens. Il est possible de s’offrir à Paris des appartements familiaux autour de 9000 euros le m². Neuilly-sur-Seine, le XVIe et le XVIIe arrondissements, délaissés depuis 2012, sont nettement repartis l’an dernier.

Si le bien est exceptionnel les prix grimpent bien plus haut. À Paris, avenue Montaigne ou à Saint-Germain-des-Prés, on dépasse les 30.000 euros le m². Barnes a vendu un hôtel particulier rue de Grenelle dans un programme neuf d’exception à un Français vivant à Boston pour 12 millions. Chez Féau, un acheteur a payé 27.000 euros le m² un 115 m² avec terrasse de 151 m² et vue sur la tour Eiffel. Une tour Eiffel qui fait toujours rêver les étrangers. Les professionnels du luxe sont optimistes pour 2016. Ils redoutaient des annulations de compromis de vente après les attentats du 13 novembre, mais cela a été limité. Et ils affirment ne ressentir aucun fléchissement de leur activité en ce début janvier. La baisse des prix a été plus forte sur leur marché et les résidences secondaires que sur les biens courants. Cet assainissement a réveillé le marché. Tout comme la persistance de taux bas.

Plus de ventes au-delà de 3 millions d’euros

Les acheteurs peuvent s’offrir mieux que ce dont ils rêvaient il y a quelques années. 2015 a donc vu se nouer davantage de transactions de montant important. «Alors qu’il était difficile en province de vendre au-dessus de 2 millions d’euros, depuis la rentrée de septembre, on voit de nouveau des transactions entre 3 et 10 millions», estime ainsi Alexander Kraft, le président de Sotheby’s International Realty France-Monaco. Le réseau a par exemple vendu un terrain au Cap Ferret pour 6 millions d’euros et la maison reste à construire… À Megève un chalet est parti à 8 millions d’euros. Chez Émile Garcin, on constate aussi une nette reprise. Avec par exemple dans le Luberon «une vingtaine de ventes entre 300.000 € et presque 7 millions». Les acheteurs qui en ont les moyens n’ont plus d’état d’âme, ils ont décidé de s’offrir ce dont ils ont envie.

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