L'immobilier de luxe à Paris porté par des Français ultra fortunés

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(Alija/Istock.com)
(Alija/Istock.com)

(AFP) - Les Français ultra fortunés sont très actifs sur un marché de niche de l'immobilier de luxe parisien qui se porte à merveille grâce à de faibles taux d'intérêt, des prix stabilisés et une conjoncture en amélioration, selon deux réseaux spécialisés.

"Depuis six mois nous constatons que les acquéreurs de biens immobiliers de super luxe sont majoritairement français", a déclaré mercredi Charles-Marie Jottras, président de la société Daniel Féau, qui fait partie du réseau Christie's, en rencontrant la presse.

Ce marché est actuellement "plus porté par les Français, résidents ou non, que par les étrangers" venus du Golfe et du Proche-Orient, des Etats-Unis ou d'Europe, traditionnels acheteurs de biens haut de gamme dans la capitale.

Sur les derniers mois, le réseau a vendu dix biens d'une valeur allant de 10 à 31,5 millions d'euros, à un prix au m2 allant de 15.000 à 31.000 euros, et dans 7 cas sur 10 les acquéreurs étaient de l'Hexagone. Seuls deux y étaient résidents fiscaux.

La plus grosse de ces transactions est celle - ébruitée dans la presse début juin et confirmée par l'intéressé - de l'hôtel Coulanges, place des Vosges dans le Marais, acquis 31,5 millions d'euros par Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison mère de l'opérateur Free.

L'immeuble de 2.300 m2 avait été squatté en 2009/2010, par des jeunes précaires du collectif Jeudi noir, qui l'avaient surnommé le squat de la "Marquise", en référence à Madame de Sévigné, née dans les murs en 1626.

Comme le reste du marché immobilier, le segment du luxe est porté par des taux de crédit très bas, des prix stabilisés, un "effet de rattrapage après plusieurs années où les projets ont été différés" et le "sentiment que l'économie va mieux".

Et ce, en dépit des "épisodes récents de grèves et de violences qui affectent les étrangers plus que les nationaux, note le réseau.

Enfin, l'immobilier fait office de "valeur refuge" pour les investisseurs, car les autres placements sont moins rémunérateurs à l'heure actuelle.

Depuis le 1er janvier, le chiffre d'affaires des agences Daniel Féau et Belles Demeures de France a ainsi grimpé de 18%.

Même discours chez le concurrent Emile Garcin, un groupe familial qui affiche un bond de 30% de son chiffre d'affaires depuis le début de l'année.

"Il y a des acheteurs, dont beaucoup sont Français, même expatriés, pour les biens magnifiques. Ils sont prêts à investir 6 à 15 millions d'euros", rapporte à l'AFP Nathalie Garcin, qui co-dirige l'enseigne. "C'est exceptionnel. Avant, c'est surtout les étrangers qui avaient ce type de budget", note-t-elle.

"Nous sommes clairement entrés dans un marché caractérisé par une demande vigoureuse face à une offre qui retrouve ses niveaux les plus bas", car les stocks de biens supérieurs à un million d'euros à vendre ont fondu en quelques mois, au sein du réseau Daniel Féau.

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