L'imam de la mosquée des Omeyyades enterré près de Saladin

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FUNÉRAILLES DE L'IMAM DE LA MOSQUÉE DES OMEYYADES À DAMAS
FUNÉRAILLES DE L'IMAM DE LA MOSQUÉE DES OMEYYADES À DAMAS

DAMAS (Reuters) - Tué jeudi dans un attentat qui a fait une cinquantaine de morts, Mohammed al Bouti, imam de la grande mosquée des Omeyyades à Damas, y a été inhumé samedi près de la tombe du sultan Saladin, une décision du gouvernement syrien qui indigne l'opposition.

Agé de 84 ans, l'imam sunnite, l'un des principaux dignitaires religieux du pays, était un partisan du régime du président Bachar al Assad bien que ce dernier soit un alaouite, une branche du chiisme.

Sur ordre des autorités, il a été enterré près de la tombe de Saladin, qui a repris Jérusalem aux Croisés en 1187.

Le quartier avait été bouclé et placé sous haute surveillance pour la cérémonie qui a été diffusée en direct à la télévision.

Lors des funérailles, le grand mufti de Syrie, Ahmed Hassoun, dont le fils a été tué par les rebelles fin 2011, a prié pour que "la colère de Dieu s'abatte" sur les insurgés.

Pour les militants anti-Assad, enterrer Bouti près de la tombe du grand sultan du XIIe siècle est une provocation du pouvoir. "C'est une insulte", écrit l'un d'eux, Oualid al Akrat, sur son compte Twitter. "Oh, Saladin, pardonne-nous ! Nous sommes désolés", écrit un autre opposant.

Mohammed al Bouti a été tué jeudi soir alors qu'il prêchait comme chaque semaine dans une autre mosquée du centre de Damas. Selon les autorités, il a été victime "d'un attentat suicide terroriste" qui a fait au total une cinquantaine de morts.

Les insurgés ont démenti toute responsabilité dans cette attaque.

Avant Bouti, l'imam de la mosquée des Omeyyades était Moaz Al Khatib, qui dirige aujourd'hui la Coalition nationale syrienne (CNS), le principal groupe de l'opposition anti-Assad. En raison de son soutien aux manifestants, il a été remplacé en 2011 et emprisonné, avant de devoir s'exiler.

Pour lui, c'est le régime de Damas qui est derrière l'assassinat de l'imam Bouti.

"Quelles que soient les divergences entre les personnalités religieuses à propos de la situation, rien ne peut justifier le meurtre de musulmans et la profanation des mosquées", écrit-il sur sa page Facebook.

Le nom du reporter à Damas est tenu secret pour des raisons de sécurité; Guy Kerivel pour le service français

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  • baljo le samedi 23 mar 2013 à 20:16

    Pour Moaz Al Khatib " rien ne peut justifier le meurtre de musulmans et la profanation des mosquées" . Pour Ghassan Hitto premier ministre du GVT fantoche, et protégé de Hollande et Fabius, "Entre autres prérogatives, le nouvel exécutif devrait "protéger les infrastructures et les ressources publiques et privées" Très fort sur ce coup les barbus, alors qu'ils ne savent que détruire et assassiner.