L'illettrisme, la «tare» de Fabrice

le , mis à jour à 09:54
1
L'illettrisme, la «tare» de Fabrice
L'illettrisme, la «tare» de Fabrice

Fabrice, 49 ans, hésite, s'interroge. Il articule plusieurs fois le mot « terroriste » à voix haute, ne sachant pas comment l'orthographier. A ses côtés, Jean-Marc lui indique qu'il appartient à la même famille que le mot terreur, prenant soin de bien rouler les r. Bienvenue dans un des nombreux binômes de l'association Clé (Compter, lire, écrire) à Ermont (Val-d'Oise) qui accompagne les personnes en situation d'illettrisme.

 

Deux heures par semaine, Fabrice, « l'apprenant », réapprend à écrire, lire et compter avec l'aide de son « bénévole ». Ici, la notion de professeur et d'élève, qui « peut rappeler de mauvais souvenirs de l'école est bannie, insiste Dominique Duchâteau, le président de l'association. Car il y a un gros de travail de remise en confiance au départ. Les personnes arrivent ici avec une image très dévalorisée d'elles-mêmes. » C'est le cas de Fabrice, diagnostiqué dyslexique dès 7 ans. S'il en parle « sans tabou » et « n'a jamais caché [sa] situation à [sa] famille et [ses] amis », il nourrit depuis longtemps « un complexe » qui lui a fait perdre « confiance en [lui] ».

 

« Je me revois lire devant toute la classe étant enfant. Je sentais les regards des autres et j'entendais leurs rires moqueurs. J'avais même été exclu d'un cours, une fois. Ne pas savoir lire ou écrire était une tare », raconte Fabrice, qui explique savoir beaucoup de choses mais avoir du mal à les appliquer.

 

Ses difficultés ne l'ont pourtant pas empêché de mener une carrière dans l'informatique et la manutention. Comme pour gérer la vie quotidienne, il a développé des astuces pour contourner les problèmes. « Au travail, j'avais toujours un calepin où je répertoriais des mots. Dès que je ne connaissais pas une orthographe, je demandais à un collègue de me l'écrire. » Mais remplir des formulaires administratifs à la mairie ou à Pôle emploi lui provoque « des boules ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.

Avertissement

Une erreur est survenue, merci de re-essayer ultérieurement.