L'Île Saint-Louis, l'autre royaume d'Airbnb

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INFOGRAPHIE - Selon une étude commanditée par une association d’hôteliers, le célèbre site de location entre particuliers est présent dans 63% des immeubles de l’Ile Saint-Louis en plein cœur de la capitale. Des locations souvent illégales.

Ils sont remontés les hôteliers et n’hésitent plus à parler de «gangrène» pour qualifier le phénomène Airbnb. Une étude commanditée par l’Association pour un hébergement et un tourisme professionnels (AHTOP) éclaire le rapport des forces entre locations hôtelières et locations d’appartements à des touristes via Internet sur l’Ile-Saint-Louis (4e), en plein cœur de la capitale. On y découvre notamment que que 17% du total des logements de l’île, soit 314 appartements sont proposés à la location en ligne.

Poussant sa démonstration, l’association n’hésite pas à parler de «gangrène» lorsqu’elle constate que 63% des immeubles de ce quartier cossu à deux pas de Notre-Dame abritent au moins un logement proposé à la location en ligne. «Nous ne sommes pas contre Airbnb, confiait ce jeudi Jean-Bernard Falco, le président de l’AHTOP au Figaro. Pour accueillir 100 millions de touristes en 2020 comme le souhaite le gouvernement, il faut mettre en place des solutions d’hébergement différentes des hôtels qui ne suffiront pas. Mais appelons un chat un chat, ce n’est pas le chantre de l’économie du partage et de l’altruisme. Sur 60.000 offres Airbnb à Paris, au moins 20.000 ne sont pas légales. Ce sont des professionnels, qui louent leur logement plus de 120 jours par an, en violant la loi.» Pour appuyer ces allégations, l’étude estime que 44% des locations proposées le sont de manière permanente (au-delà des 4 mois autorisés pour une résidence secondaire) et dans 45% des cas, elles seraient gérées par un intermédiaire de façon professionnelle. Alors forcément, les hôteliers ont envie de crier à la fraude lorsqu’ils constatent qu’en face de seulement 90 chambres d’hôtels disponibles sur l’île, on trouve 314 logements Airbnb et même 97 pour la seule rue Saint-Louis-en-L’Île, rebaptisée «rue hôtel».

Il faut bien reconnaître que les flux financiers brassés par ce genre de locations sont loin d’être négligeable. D’après l’étude AHTOP, le chiffre d’affaires mensuel par bien loué serait de 1396 euros pour un prix moyen de 170 euros par nuit. Au final, selon l’étude, l’abus de ce genre de locations à travers le pays priverait l’Etat et les collectivités locales d’une centaine de millions d’euros de rentrées fiscales (dont plus de 80 millions au titre de la seule TVA). Pour y mettre de l’ordre, les professionnels souhaitent notamment que tous les loueurs s’enregistrent auprès des autorités compétentes y compris pour louer leur résidence principale (alors que la loi Alur ne l’exige pas dans ce cas bien précis).

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