L'« identité française » n'est plus au centre du monde

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« Etats-Unis et Royaume-Uni ont gagné la bataille du soft power, que sym­bolise l'attraction croissante des meilleurs étudiants du monde par les grandes universités anglaises et ­américaines ou le lectorat mondial d'un journal comme "The Economist" (1,5 million d'exemplaires chaque semaine, dont plus de 80 % vendus hors du Royaume-Uni) ».
« Etats-Unis et Royaume-Uni ont gagné la bataille du soft power, que sym­bolise l'attraction croissante des meilleurs étudiants du monde par les grandes universités anglaises et ­américaines ou le lectorat mondial d'un journal comme "The Economist" (1,5 million d'exemplaires chaque semaine, dont plus de 80 % vendus hors du Royaume-Uni) ».

Histoire. Les relations intenses tissées au fil des siècles par l’Europe avec le monde entier permettent d’ambitionner de jouer un rôle irremplaçable dans une compréhension réellement partagée à l’échelle mondiale.

Les questions internationales sont très peu présentes dans la campagne présidentielle, sauf en négatif par l’expression de positions identitaires ou nationalistes enclines au repli sur l’Hexagone. Les enjeux de décision et de carrière des hommes politiques sont très largement locaux, régionaux ou nationaux tant qu’ils n’appartiennent pas au gouvernement ; ils sont, au mieux, européens après. Cela les rapproche d’une part significative de la population qui ne perçoit pas les transformations internationales en cours et ne les ressent qu’à travers des informations ponctuelles sorties de leur contexte, telles les délocalisations, les migrations ou les importations.

A l’inverse, les dirigeants des entreprises comme les milieux scientifiques et artistiques vivent dans un monde très international. La coupure profonde qui existe donc aujourd’hui en France entre le monde politique et ces autres milieux conduit à deux conséquences désagréables : d’abord, les élites internationalisées pensent dans un cadre conceptuel anglo-saxon qu’elles doivent accepter sans contribuer significativement à le ­forger, ce qui est frustrant ; ensuite, les politiques ne parviennent pas à construire et à faire partager une vision du monde large et qui donne sens à leur action.

La bataille du « soft power » La France est particulièrement mal à l’aise face à cette situation parce qu’elle a eu l’habitude d’avoir une place importante dans la définition d’une compréhension du monde partagée au moins par ses ...

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