L'idée de supprimer les dates de péremption sur certains aliments fait son chemin

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Le rapport Garot remis mardi au gouvernement souligne à nouveau que les dates de consommation figurant sur les produits alimentaires incitent au gâchis. Dans ce contexte, Carrefour a décidé d'allonger la durée de vie de quelque 300 produits de sa marque.

Le débat sur le gaspillage alimentaire a fait rebondir celui sur les dates limites de consommation. L'ex-ministre de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, a remis mardi au gouvernement 36 propositions pour lutter contre ce gâchis, sachant que chaque Français jette chaque année 20 à 30 kilos de nourriture, dont 7 kilos encore emballés. Selon ce rapport, les dates de péremption «seraient la cause de la destruction du produit tant au niveau de la distribution et de la restauration que chez les consommateurs».

Aujourd'hui il existe deux types de dates figurant sur les produits alimentaires: la date limite de consommation (DLC) pour les produits frais, qui se traduit par la mention «à consommer jusqu'au ...». Elle a pour but de garantir la qualité sanitaire des denrées. Une fois dépassée, le produit présente un risque microbiologique pour la santé. La date de durabilité minimale (DDM) - qui a remplacé en décembre 2014 la date limite d'utilisation optimale (DLUO) - garantit certaines caractéristiques d'un produit, comme l'arôme, la teneur en vitamines ou des qualités gustatives, qui ne représentent aucun danger pour celui qui le consommerait une fois la date passée. Elle apparaît sur les emballages avec la mention «à consommer de préférence avant ...»

Selon Guillaume Garot, «les dates figurant sur les produits alimentaires sont mal comprises des consommateurs». Certains produits finissent donc à la poubelle alors qu'ils sont encore consommables. Dans les magasins, «des produits sont retirés des rayons des magasins bien avant la date limite». Un constat qui n'est pas nouveau, mais les débats autour d'un allongement de la DLC ou de la suppression de l'ex DLUO se sont jusqu'à présent heurté à la réglementation européenne qui impose l'une de ces deux mentions sur nos emballages alimentaires.

Carrefour prend les devants

C'est donc encore une fois le levier de la pédagogie - et notamment celui du vocabulaire - qui est privilégié sur ce dossier. Le rapport préconise de «rendre plus compréhensibles» ces étiquetages afin de «responsabiliser chaque acteur». Par exemple, il s'agirait d'étudier le remplacement de la mention «À consommer de préférence avant le...» par la mention moins impérative «meilleur avant...».

Dans ce contexte, Carrefour a décidé de prendre les devants. Le groupe a mis en place en début d'année, dans le cadre de son programme Anti-Gaspi, des mesures concernant les dates limites des produits de marque Carrefour. «Nous avons allongé la durée de vie d'environ 300 références, afin de réduire le gaspillage chez les consommateurs», explique Sandrine Mercier, directrice du Développement durable de Carrefour France. Les yaourts natures, par exemple, ont vu leur DLC reculer de 8 à 10 jours, et les crèmes dessert de 2 à 8 jours. D'autres produits d'épicerie sont concernés comme les chips, les piperades, les pois à la provençale, les lentilles corail et les compotes de fruits.

Pour évaluer l'allongement possible, Carrefour a mené tout au long de l'année 2014 des analyses des durées de vie de ses produits et réalisé des tests de vieillissement microbiologiques et organoleptiques. L'enseigne a également supprimé les DDM (ex-DLUO) de 50 références sur des produits tels que le sucre, le sel, le vinaigre et l'alcool. Selon Sandrine Mercier, «pour certains produits comme le sel ou le vinaigre, mettre une DLUO n'a aucun intérêt pour les consommateurs et les incite au contraire à jeter s'ils respectent ces dates».

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