L'idée d'une interdiction des armes d'assaut progresse aux USA

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L'IDÉE D'UNE INTERDICTION DES ARMES D'ASSAUT PROGRESSE AUX USA
L'IDÉE D'UNE INTERDICTION DES ARMES D'ASSAUT PROGRESSE AUX USA

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a apporté mardi son soutien à une éventuelle proposition de loi au Congrès visant à interdire les armes d'assaut, alors que des élus républicains n'ont pas exclu un débat national sur le sujet à la suite de la tuerie de Newtown.

Après la mort vendredi de 26 personnes, dont 20 enfants de six et sept ans, dans une école primaire du Connecticut, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein a exprimé l'intention de demander au Congrès le rétablissement de l'interdiction des armes semi-automatiques, qui a expiré en 2004.

Barack Obama soutiendra cette initiative, a déclaré mardi la Maison blanche, alors que le président démocrate s'était gardé depuis la tuerie de Newtown de prôner explicitement un durcissement de la législation sur les armes à feu.

"Il est évident que nous n'avons pas assez agi, en tant que pays, contre le fléau que constitue la violence par armes à feu", a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche.

Le projet de Dianne Feinstein compte de plus en plus de soutiens au sein du camp démocrate, y compris parmi ceux qui étaient jusqu'à présent de farouches défenseurs de la liberté du port d'armes.

Les réticences sont plus fortes côté républicain, traditionnellement plus sensible aux arguments de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu aux Etats-Unis.

Le groupe républicain à la Chambre des représentants, où il est majoritaire, a évoqué la tuerie de Newtown lors de sa réunion hebdomadaire à huis clos. A la sortie, certains élus ont fait état d'une évolution au sujet d'une éventuelle régulation du port d'armes, garanti par le deuxième amendement à la Constitution des Etats-Unis.

LA NRA SORT DE SON SILENCE

"Il y en aura toujours certains qui n'accepteront jamais, jamais cela", a déclaré Steve LaTourette, élu de l'Ohio, en allusion aux quelques républicains refusant tout débat sur la question.

"Mais oui, je pense que la plupart des républicains souhaitent avoir une conversation très, très sérieuse sur ce que tout cela signifie et réfléchir à nouveau à ce que signifie le deuxième amendement au XXIe siècle", a-t-il ajouté.

Jack Kingston, élu de Géorgie, a pour sa part rapporté que les représentants républicains avaient surtout discuté de l'importance des troubles mentaux dans les fréquentes tueries observées aux Etats-Unis.

"La question de la santé mentale est un élément essentiel du débat. Aucune personne rationnelle n'appuie sur la gâchette devant un enfant de six ans", a-t-il dit à Reuters.

Néanmoins, l'état d'esprit a changé chez les républicains, a-t-il relevé. "Il pourrait y avoir une plus forte envie de débattre parmi les pro-armes démocrates et républicains", a dit Jack Kingston.

Discrète depuis la tuerie de vendredi, la NRA est pour sa part sortie de son silence mardi pour expliquer son mutisme par sa volonté de respecter la souffrance des proches des victimes.

"La National Rifle Association of America est composée de quatre millions de pères et de mères, de fils et de filles... Nous avons été bouleversés, attristés, nous avons eu le coeur brisé à l'annonce des meurtres horribles et insensés de Newtown", déclare la NRA dans un communiqué envoyé à la presse.

"La NRA est prête à contribuer activement aux efforts pour faire en sorte que cela ne se produise plus jamais."

Matt Spetalnick, Patricia Zengerle, Susan Cornwell et David Ingram, Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français

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