L'idée d'un pacte européen de croissance avance à petits pas

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L'idée d'un pacte européen de croissance avance à petits pas
L'idée d'un pacte européen de croissance avance à petits pas

BERLIN/MADRID/BRUXELLES (Reuters) - Les contours d'un pacte européen de croissance commencent à se dessiner avec la multiplication des déclarations de responsables politiques en réaction aux informations de la presse espagnole selon laquelle Bruxelles prépare un plan de 200 milliards d'euros pour stimuler

l'activité, un chiffre que la Commission a cependant démenti.

L'idée de compléter le "pacte budgétaire" conclu l'an dernier par un volet de soutien à la croissance alimente le débat politique en Europe depuis plusieurs semaines, de nombreuses voix soulignant le risque de voir l'austérité favoriser une rechute en récession de pays fragilisés par la crise.

Elles sont confortées par la situation en Espagne, pays actuellement au premier rang des inquiétudes des investisseurs et qui est officiellement retombé en récession pour la deuxième fois en trois ans.

Cette piste semble d'autant plus plausible que la Banque centrale européenne ne semble guère avoir de marge de manoeuvre pour baisser les taux d'intérêt au vu d'une inflation qui reste sensiblement au-dessus de l'objectif qu'elle a fixé.

La BCE, souvent considérée comme le dernier rempart contre un emballement de la crise de la dette dans la zone euro, devrait annoncer jeudi qu'elle laisse ses taux à un niveau historiquement bas.

Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, s'est à son tour déclaré en faveur d'un pacte de croissance en Europe en complément du pacte budgétaire dont les mesures d'austérité suscitent des remous politiques et sociaux.

PROJETS D'INFRASTRUCTURE

"Je suis favorable à ce que l'on prépare une initiative de croissance en plus des accords conclus sur la discipline budgétaire", déclare-t-il dans un entretien publié lundi par le journal allemand Die Welt.

Une telle initiative passerait à court terme par une dotation accrue de la Banque européenne d'investissement (BEI), une utilisation plus efficace des fonds structurels de l'Union européenne ainsi que par des obligations dédiées à des projets pour financer des infrastructures, poursuit Michel Barnier.

Le journal espagnol El Pais évoque aussi les options d'une recapitalisation de la BEI et l'émission d'euro-obligations pour financer un plan de croissance européen auquel, écrit-il, l'Union européenne travaille en vue de sa présentation fin juin.

L'Union européenne travaille à un plan de croissance visant à injecter 200 milliards d'euros d'investissements dans des secteurs d'activité tels que les infrastructures, l'énergie propre et les hautes technologies, précise El Pais.

Ce plan, ajoute-t-il, devrait être dévoilé lors du sommet européen de juin.

La Commission européenne s'est efforcée lundi de relativiser ce qu'elle a qualifié de "chiffres hautement spéculatifs" sur les moyens susceptibles d'être consacrés à des investissements dans les infrastructures, et elle réaffirmé la priorité donnée à la réduction des déficits.

"Nous ne sommes pas en train de parler d'une alternative à la consolidation budgétaire", a dit la porte-parole Pia Ahrenkilde-Hansen à des journalistes.

"Il ne s'agit pas de choisir entre la consolidation budgétaire et la croissance: nous avons besoin des deux", a-t-elle ajouté.

FONDS STRUCTURELS

Le budget pluriannuel de l'Union prévoit d'allouer près de 350 milliards d'euros aux fonds structurels et aux fonds de cohésion de l'Union sur l'ensemble de la période 2007-2013, mais seule une petite fraction de cette enveloppe pourrait être concernée par un éventuel nouveau plan piloté par la Commission.

De son côté le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré que le débat sur le soutien à l'investissement serait à l'ordre du jour du prochain conseil des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE en juin, tout en soulignant que ces discussions ne devaient pas remettre en cause la priorité donnée à l'assainissement des budgets.

La chancelière allemande Angela Merkel avait pris position en fin de semaine dernière pour un renforcement des capacités de la BEI et une utilisation plus souple du Fonds d'infrastructure de l'Union européenne afin de soutenir la croissance.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a pour sa part déclaré la semaine dernière que la zone euro avait besoin d'un "pacte de croissance".

En France, François Hollande, le candidat socialiste à l'élection présidentielle, a placé en tête de ses priorités la renégociation du traité européen sur la discipline budgétaire, signé en mars par 25 des 27 pays de l'Union, afin d'y inclure un volet "croissance", une initiative critiquée à droite.

Selon Michel Barnier, une poursuite de la libéralisation du marché intérieur de l'Union européenne pourrait être un soutien à la croissance à moyen terme.

"Sur le long terme, j'aimerais la mise en place d'une politique industrielle européenne dans des secteurs stratégiques pour que nous redevenions un centre manufacturier et non pas de simples consommateurs de produits chinois et américains", dit-il.

Gareth Jones, Martin Roberts, Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame

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  • M7210200 le lundi 30 avr 2012 à 17:14

    too late l'effondrement est pour cet automne

  • papymujo le lundi 30 avr 2012 à 13:39

    Il est intéressant tout de même que l'on parle enfin croissance, même si on est pas encore d'accord sur les moyens d'y arriver. Ce qui est sûr , c'est que le nombre de chômeurs ne peut continuer à augmenter comme cela!

  • wanda6 le lundi 30 avr 2012 à 12:59

    "la libéralisation du marché intérieur de l'Union européenne pourrait être un soutien à la croissance à moyen terme." mais cette libéralisation existe déjà et est un soutien à la misère !