L'hôtellerie française en perte de vitesse

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Traditionnellement soutenue par la hausse des prix moyens, l'hôtellerie française ne parvient plus à gonfler la facture. Elle a régressé légèrement l'année écoulée quand la concurrence européenne est déjà sortie de la crise.

Alors que la restauration française enchaîne les mauvais résultats, c'est désormais à l'hôtellerie d'afficher un bilan plus que mitigé pour l'année 2013. Selon les estimations du cabinet spécialisé MKG Group, l'année écoulée s'est caractérisé par un tassement des prix moyens de 0,4% et par un recul du taux d'occupation de 0,2 point dans l'hôtellerie de chaîne. Résultat: le RevPar, l'indicateur de référence de la profession indiquant le revenu généré par chaque chambre, devrait afficher un recul de 0,7%. En dix années, la profession n'en a connu que trois orientées à la baisse.

«Ce n'est pas une catastrophe, admet Georges Panayotis, président de MKG Group, mais c'est inquiétant car ces chiffres démontrent de nombreuses fragilités du secteur.» Au final, après un mauvais premier semestre, l'embellie estivale a été de courte durée, si bien que la fin d'année n'a pas permis de rattraper le retard.

Moyen de gamme qui rit, palace qui pleure

Curieusement, ce sont les établissements de milieu de gamme, que l'on présente généralement comme les plus sensibles à la crise, qui ont le mieux résisté puisque le RevPar a progressé de 0,4 point pour un prix moyen de 66,8 euros. «Il s'agit des établissements 3 ou 4 étoiles, dont bon nombre se sont rénovés ou bien repositionnés», explique Georges Panayotis. À l'inverse, le haut de gamme est le créneau qui a le plus souffert avec un RevPar en recul de 0,9%. Une situation d'autant plus inquiétante que quatre palaces parisiens sont actuellement fermés pour travaux diminuant d'autant l'offre disponible.

Même si Paris conserve un taux d'occupation de 82,3%, un chiffre sans équivalent à travers le monde, et continue à tirer le secteur, la compétitivité française s'émousse face à ses rivales européennes. Contrairement à ses voisins, par manque d'investissement ou par des freins à la construction, le parc hôtelier global français s'est peu étendu (+1,9% en dix ans là ou l'offre britannique a progressé de 15,9% et de 53,3% en Espagne). Et pendant que la demande continuait à croître, l'ajustement se faisait par une hausse des prix qui s'est poursuivie jusqu'en 2012. «Mais là, les prix moyens sont au taquet, l'offre globale baisse depuis peu et nous ne gagnons plus de parts de marché», estime Georges Panayotis. Une situation encore compliquée par le passage de la TVA à 10%.

Tourisme et salons en recul

Alors que la demande française est en berne, il est plus important que jamais de séduire la clientèle internationale. Or, la partie est loin d'être gagnée: selon l'Insee la fréquentation touristique dans les hôtels s'est tout juste maintenue au troisième trimestre 2013 (+0,3%) et était même en recul au deuxième trimestre (-0,6%). Et pour ne rien arranger, Londres prétend avoir détrôné Paris comme première destination touristique. Il faut dire que les taux de change euro/livre et euro/dollar ne nous sont pas très favorables actuellement.

Enfin, les salons et congrès, autres grands pourvoyeurs de nuitées hôtelières, sont eux aussi en petite forme avec un recul de 1,3% du nombre de visiteurs au premier semestre 2013. Des chiffres inquiétants lorsque l'on sait que tous les indicateurs hôteliers sont au vert chez les voisins britanniques et allemands.

Moins que jamais, le tourisme et l'hôtellerie sont des secteurs qui peuvent compter sur une clientèle acquise. À en croire Georges Panayotis, l'heure devrait plutôt être au «lancement d'un plan de relance de l'hôtellerie», à la création de nouveaux concepts et à la solidarité dans une profession trop divisée. Les hôteliers auront du pain sur la planche en 2014 pour une année que le cabinet MKG prévoit cependant «meilleure» que la précédente.

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  • chnivet le samedi 18 jan 2014 à 10:54

    C'est toujours le même scénario. Manque de marges due aux prélèvements et taxes = manque d'investissement = désuétude de l'outil de production = fermeture . Ca se fait petit à petit , mais surement et inéluctablement. Après les politiques et syndicats dénoncent l’absence d’investissement des propriétaire . Sauf que c'est eux qui l'on ponctionné avant.

  • j.barbe6 le samedi 18 jan 2014 à 08:14

    Merci aux socialistes et aux champions de la taxe du monde du public. Le privé s'écroule partout et la précarité est partout.