L'horizon de Sarkozy s'éclaircit dans l'affaire Bettencourt

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UN NON-LIEU POUR NICOLAS SARKOZY DANS L'AFFAIRE BETTENCOURT
UN NON-LIEU POUR NICOLAS SARKOZY DANS L'AFFAIRE BETTENCOURT

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Les magistrats instructeurs bordelais estiment que les charges retenues contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt sont insuffisantes pour le renvoyer devant le tribunal correctionnel, ouvrant la voie à un retour en politique de l'ancien président.

L'ancien chef de l'Etat était poursuivi pour abus de faiblesse de l'héritière de L'Oréal qui, selon une expertise, est en état de démence sénile depuis 2006.

Les juges Jean-Michel Gentil et Valérie Noël, qui ont cherché à prouver que Nicolas Sarkozy avait profité de cet état pour soutirer de l'argent à Liliane Bettencourt pour sa campagne électorale de 2007, ont finalement conclu à un non-lieu.

"En décidant d'un non-lieu, la justice vient de me déclarer innocent dans le dossier Bettencourt", a réagi l'ancien président sur son compte Facebook.

Nicolas Sarkozy, qui remercie nommément le président de l'UMP Jean-François Copé de son soutien, met en garde les "responsables politiques" qui ont "utilisé" cette affaire et "participé à cultiver le soupçon" : "On ne gagne jamais à calomnier".

Dans une brève réaction postée par la suite sur son compte Twitter, l'ancien Premier ministre François Fillon, qui a scellé la rupture avec Nicolas Sarkozy dans des confidences au Journal du Dimanche, se dit "heureux de constater que la justice le disculpe aujourd'hui".

À l'exception de l'avocat fiscaliste Fabrice Goguel, les dix autres personnes mises en examen dans ce dossier, dont Eric Woerth, François-Marie Banier, Stéphane Courbit et Patrice de Maistre devraient quant à elles comparaître en 2014 à la barre du tribunal de grande instance de Bordeaux, a indiqué la source.

"On prend acte de cette décision des juges. Nicolas Sarkozy n'était pas celui qu'on ciblait dans ce dossier. On reste dans la neutralité", a déclaré à Reuters Me Benoît Ducos-Ader, avocat de la tutelle de Liliane Bettencourt.

ERIC WOERTH RESTE VISÉ

Les soutiens de Nicolas Sarkozy ont immédiatement crié victoire et estimé que leur champion pouvait désormais préparer son retour en politique, même si plusieurs affaires, dont l'arbitrage litigieux en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie et le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, n'ont pas encore connu leur épilogue.

"J'ai toujours pensé que ça se terminerait ainsi", a déclaré sur i>TÉLÉ l'ancienne ministre UMP Nadine Morano. "Le chef d'accusation (...) était tellement grotesque."

Pour son lieutenant Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy est "plus que jamais libre et maître du calendrier".

Antoine Gillot, l'avocat de Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt qui avait évoqué des versements d'argent pour la campagne présidentielle de 2007, a estimé que cette décision "sage et honnête" faciliterait le procès.

"Ce juge avait et a sans doute d'ailleurs encore un certain nombre de soupçons sur M. Sarkozy mais il a estimé en son âme et conscience au vu des éléments du dossier qu'il n'avait sans doute pas suffisamment de preuves pour le renvoyer devant le tribunal correctionnel", a-t-il dit sur i>TÉLÉ.

"Je voudrais tout de même faire observer que M. Sarkozy reste très directement concerné par cette affaire pour de multiples raisons, et notamment pour une, M. Woerth, qui était tout de même son ministre du Budget et également le trésorier de sa campagne électorale, et est lui renvoyé devant le tribunal correctionnel", a-t-il ajouté.

UNE INSTRUCTION POURTANT VALIDÉE

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, saisie par des mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, de cas de nullités dans un dossier qu'ils estimaient mené à charge, avait pourtant validé fin septembre l'instruction conduite par les trois juges bordelais et notamment l'expertise médicale de Liliane Bettencourt au c?ur de l'affaire.

Nicolas Sarkozy s'était pourvu en cassation contre cette décision et les magistrats instructeurs ont pris leur décision de non-lieu avant l'arrêt de cette juridiction.

La décision de lundi est bienvenue pour Nicolas Sarkozy, pressé de mettre un terme à cette affaire suffisamment longtemps avant la prochaine élection présidentielle, en 2017.

La mise en examen de l'ancien chef de l'Etat le 21 mars dernier avait d'ailleurs provoqué une polémique notamment de la part de ses amis politiques dénonçant un acharnement des juges.

Le parquet de Bordeaux avait requis le 28 juin un non-lieu pour six des douze mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, l'ancien ministre Eric Woerth et l'homme d'affaires Stéphane Courbit.

Il avait au contraire requis, notamment, le renvoi devant le tribunal de Patrice de Maistre, l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et du photographe François-Marie Banier.

Le volet abus de faiblesse était le plus important de ce dossier tentaculaire qui avait été dépaysé à Bordeaux à la fin de l'année 2010. Au total, sur l'ensemble de l'affaire, 19 personnes ont été mises en examen.

Cinq journalistes de Mediapart et du Point, ainsi que l'ancien majordome de Liliane Bettencourt Pascal Bonnefoy, ont été renvoyés également devant un tribunal pour atteinte à l'intimité de la vie privée, pour avoir procédé à des enregistrements clandestins au domicile de la milliardaire pour l'un et pour en avoir publié des extraits pour les cinq autres.

Eric Woerth et Patrice de Maistre ont déjà été renvoyés devant le tribunal correctionnel dans le volet trafic d'influence de l'affaire Bettencourt.

Avec Jean-Baptiste Vey, Marine Pennetier, Sophie Louet

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  • LeRaleur le lundi 7 oct 2013 à 20:28

    Sarko, viré une fois, viré 2 fois en mieux.

  • M1617344 le lundi 7 oct 2013 à 18:53

    Bonne et grande nouvelle Sarko sera avec nous pour sauver le pays de la sinistre vulgate socialo - écolo - marxiste

  • khmane08 le lundi 7 oct 2013 à 18:42

    en politique seuls les fusibles sautent, à gauche comme à droite.

  • Gary.83 le lundi 7 oct 2013 à 18:24

    encore un loupé de Hollande et sa clique !

  • M3435004 le lundi 7 oct 2013 à 18:02

    Ce non lieu donne un aperçu de la suite qui sera réservée à des poursuites politiciennes téléguidées par les socialistes et instrumentalisées par la justice taubiresque du mur des C.....

  • Gary.83 le lundi 7 oct 2013 à 17:52

    mais qui est honnete en politique ? Mitterrand ??? , de Gaulle ( qui a berné les harkis et les pieds noirs), Chirac ? Hollande ??? posons nous la question !!!

  • jean.coq le lundi 7 oct 2013 à 17:17

    Je ne veux pas passer pour un expert, mais à ma connaissance c'est au procureur d'apporter les preuves du délit. Le juge n'est là que pour rendre un jugement. Et le procureur avoir déjà demandé un non-lieu.

  • fgino le lundi 7 oct 2013 à 17:12

    que j'aimerais voir Sarkozy, en 2017, chasser Hollande et TrierWeiller de l'élysée, comme ils l'ont fait en 2012 !!!

  • fgino le lundi 7 oct 2013 à 17:09

    quand on se trimbale un DSK et un Cahuzac + les autres, à gauche, on ne vient pas critiquer un non lieu prononcé par une justice de gauche pour un présumé innocent de droite, qui de plus, avait sa photo sur les cibles à abattre!! que ça vous gene ! on s'en f..t!

  • miez1804 le lundi 7 oct 2013 à 16:50

    @Georg47: vous oublié les frasques de D.S.K, les affaires de Gueri.ni, pour ne pas parlerdes Socialos déjà condamné!