L'horizon budgétaire s'assombrit un peu plus en Grèce

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par Harry Papachristou et George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec a annoncé mercredi s'attendre pour 2013 à une récession pire qu'anticipé jusqu'à présent et il a divisé par deux sa prévision d'excédent budgétaire primaire, soulignant l'impact sur l'économie des plans d'austérité successifs lancés depuis le début de la crise.

La version définitive du projet de budget 2013 montre ainsi que la détérioration régulière des perspectives économiques menace d'annuler la majeure partie des effets bénéfiques des coupes dans les dépenses exigées par les bailleurs de fonds du pays, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Les ministres des Finances de la zone euro devaient s'entretenir mercredi au cours d'une téléconférence sur les moyens de maintenir la Grèce à flot sans augmenter, dans la mesure du possible, le coût global de l'aide.

La "troïka" que forment la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI doit rendre prochainement un rapport d'étape sur les finances publiques grecques.

Athènes prévoit désormais un excédent primaire (hors service de la dette) de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine, contre 1,1% évoqué initialement.

Il s'agirait néanmoins du premier excédent primaire enregistré depuis 2002, après un déficit primaire prévu à 1,5% du PIB cette année.

L'économie grecque devrait se contracter de 4,5% en 2013 et non de 3,8% comme anticipé jusqu'à présent. Et le ministère des Finances prévoit un retour à la croissance timide en 2014 avec une hausse de 0,2% du PIB.

Conséquence: l'excédent primaire ne devrait atteindre 4,5% du PIB qu'en 2016, soit deux ans plus tard que prévu à l'origine par le plan d'aide UE-FMI. Un écart de deux ans au centre des discussions des ministres des Finances des Dix-Sept.

LA DETTE PUBLIQUE À 191,6% DU PIB EN 2014

Cinq années consécutives de récession ont déjà réduit le PIB grec d'environ 20% au total et un Grec sur quatre est aujourd'hui au chômage.

"Tant que ce climat récessionniste ne s'inversera pas, la situation sera très difficile", a déclaré Dimitris Mardas, professeur d'économie à l'université Aristote de Thessalonique.

"Tant que la Grèce n'aura pas renoué avec la croissance et ne sera pas sortie du cercle vicieux de la récession, la situation sera très difficile."

Quant à la dette publique, elle devrait culminer à 191,6% du PIB en 2014 et revenir à 184,9% en 2016.

Le projet de budget 2013 est marqué par des coupes sévères dans les dépenses publiques, censées convaincre les bailleurs de fonds internationaux de poursuivre le versement des aides promises à Athènes.

Le gouvernement d'Antonis Samaras doit mettre en oeuvre au cours des prochaines années des réductions de dépenses et des augmentations d'impôts et de taxes d'un montant global de 13,5 milliards d'euros tout en menant des réformes structurelles réclamées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de leur aide.

Après des mois de négociations sur ce plan d'austérité, le chef du gouvernement a annoncé mardi que les discussions avaient abouti et il a imploré ses alliés de soutenir son projet.

L'adoption du budget 2013 par le Parlement ne devrait pas poser de difficulté, les trois partis de la coalition gouvernementale ayant accepté de le voter.

Le gouvernement a parallèlement fait voter à une courte majorité ce mercredi un article clé du projet de loi sur les privatisations - contesté par une partie de la coalition - qui vise à supprimer l'obligation du maintien d'une participation minimale de l'Etat au capital d'un certain nombre d'entreprises.

Un texte distinct portant sur les réformes structurelles doit être présenté la semaine prochaine aux parlementaires et le petit parti de la Gauche démocratique, membre de la coalition, a déjà annoncé qu'il s'opposerait aux mesures de réforme du marché du travail.

Les deux principaux syndicats du pays ont quant à eux appelé à deux jours de grève générale, les 6 et 7 novembre.

"Nous n'allons pas laisser le gouvernement faire encore plus de mal au peuple grec", a déclaré Ilias Iliopoulos, secrétaire général de l'Adedy, la principale centrale syndicale de la fonction publique.

Harry Papachristou, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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