L'hommage de Gaëtan Huard à Dominique Dropsy

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L'hommage de Gaëtan Huard à Dominique Dropsy
L'hommage de Gaëtan Huard à Dominique Dropsy

Au moment de recueillir le témoignage de Gaëtan Huard, suite au décès de Dominique Dropsy, c'est un torrent de souvenirs, d'anecdotes et surtout de tristesse qui s'est abattu sur notre magnétophone, sans qu'aucune question n'ait été posée. En voici le verbatim.

"Dominique Dropsy était quelqu'un d'exceptionnel. Quelqu'un qui était toujours gai, joyeux, déconneur. Il nous sortait toujours sa vanne. Toujours la même, on la connaissait par cœur, mais il était toujours content de nous piéger. Et puis, c'était un affectif, un homme de cœur. Un bon mec. J'ai eu la chance de partager des moments très privilégiés avec lui. En plus d'avoir été mon entraîneur pendant cinq ans, c'était devenu un ami. On était très intimes, on a partagé des moments de football forts, et d'autres plus tristes, avec quelques désillusions. Dominique était très proche, très concerné par notre vie de footballeur, et notre vie de famille, parce qu'avec son vécu, il savait que le poste de gardien demandait beaucoup de concentration. Et puis, il a un palmarès tonitruant, avec quasiment 600 matchs de Division 1 disputés. D'ailleurs, ça, c'était son plus regret. Il me disait souvent qu'il en voulait à Raymond Goethals, qui ne lui avait pas permis de franchir la barre des 600 matchs en le faisant entrer en jeu de temps en temps, lors de sa dernière saison (Dominique Dropsy est resté bloqué à 596 matchs de D1, ndlr). C'est quelque chose qui l'avait beaucoup peiné. 596 matchs, putain. Un jour où j'en avais pris cinq au Parc des Princes, il est venu me voir, et il m'a dit : "Punaise, de quoi tu te plains ? Moi, j'en ai pris neuf à Monaco !" Je repense à cette joie de vivre qu'il avait, et le voir partir après s'être battu pendant des années, c'est très pénible. C'est très dur. Mais je pense que pour lui, c'est un soulagement, parce que cela lui pesait énormément. Mais pour moi, ce n'est pas un soulagement. C'est une tristesse monstrueuse.

Il savait que notre poste exigeait de la concentration, en plus du travail. Il s'intéressait à tout ce qu'il y avait autour du foot. Notre vie sentimentale, notre vie de famille... Il était très à l'écoute de tout ce qu'on pouvait lui dire. Au moment de mon divorce, un moment douloureux, on a partagé des choses très intimes. En ayant des conversations entre mecs, tout simplement. Il nous soulageait, on se parlait beaucoup, c'était un confident. Il arrivait à nous faire relativiser, à nous faire décompresser par rapport à notre métier, qui exige une concentration extrême. Il avait toujours un petit mot, une connerie à sortir. À Lescure, le tunnel est très long, et quand on allait des vestiaires à la pelouse, pour l'engagement, il essayait de nous faire rire, histoire de détendre…


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