L'histoire du premier et seul France-Palestine

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L'histoire du premier et seul France-Palestine
L'histoire du premier et seul France-Palestine

L'équipe nationale palestinienne participe pour la première fois à la Coupe d'Asie. Or cette reconnaissance symbolique dans l'arène du foot n'a pour l'instant donné lieu à aucune rencontre avec les Bleus, même en amical. Sauf à se souvenir qu'en 1982, dans un contexte tout autre, alors que pas grand monde ne se préoccupait de ce qui se passait là-bas, le stade municipal d'une petit ville de banlieue lointaine, Vigneux, accueillit un exceptionnel et toujours inédit France-Palestine mais organisé par la FSGT.

Le contexte a son importance. La gauche vient enfin d'arriver au pouvoir. L'alternance laisse encore éclore quelques espoirs parmi ceux qui, dans la société française, croient aux promesses du programme commun. La Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), héritière du sport ouvrier et que le Figaro classe encore "d'obédience communiste", est en tout cas en pleine effervescence (on y cause même "autogestion"). Elle mène depuis de nombreuses années un combat assez solitaire contre le sport "racial " de l'Apartheid – et, victoire, le nouveau gouvernement impose à la FFR de suspendre ses relations avec les Springboks. Elle décide, à la même période, de se lancer dans la lutte pour la reconnaissance du sport palestinien. L'affaire ne va pas de soi, y compris en interne. La "fédé" entretient d'importantes et anciennes relations avec son homologue israélien Hapoël (ses gymnastes et volleyeurs participeront par exemple aux championnats de la CSIT accueillis en Israël du 1er au 7 août 1983, nldr), lié au puissant syndicalisme travailliste de l'État hébreux. En outre, la Palestine est encore fortement, voire exclusivement, associée à la question du terrorisme, surtout dans le sport (nous sommes dix ans après les JO de Munich).
Un choix officiellement assumé
Toutefois, le 22 octobre 1981, la FSGT et le Conseil supérieur de la jeunesse palestinienne de l'OLP annoncent l'établissement de "relations sportives d'amitiés". Du côté français, on marche cependant sur des œufs en expliquant qu'il s'agit juste de reconnaître l'existence du peuple palestinien et de "son sport ", "sans prendre position au niveau des solutions politiques au conflit israëlo-palestinien." Surtout, c'est au nom des valeurs de l'olympisme, notamment le refus des discriminations, que ce choix est officiellement assumé. L'une des conséquences immédiates sera, pour en revenir à ce qui nous intéresse directement, la décision d'inviter "l'équipe nationale de football palestinienne à effectuer un séjour en France la première semaine de mai 1982". Le déplacement des footballeurs palestiniens intervient dans une situation très tendue. L'attentat de la rue Marbœuf est encore dans toutes les mémoires, avec Carlos en superstar sanglante qui réchauffe une guerre froide assoupie.



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