L'Hermione de La Fayette voguera de nouveau vers les Amériques

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* Hollande et Royal reçus à bord du navire * L'Hermione a été répliquée à l'identique * Le bateau a participé à la guerre d'indépendance américaine ROCHEFORT, Charente-Maritime, 17 avril (Reuters) - L 'Hermione, réplique de la frégate sur laquelle le marquis de La Fayette traversa l'Atlantique en 1780 pour aider les indépendantistes américains, sera fêtée samedi avant d'appareiller dans la soirée pour les Etats-Unis. Il aura fallu 18 ans pour mener à bien ce projet ambitieux consistant à reconstruire ce fier trois-mâts de 65 mètres, y compris le beaupré, dont la coque mesure 44,20 mètres de long pour une largeur de 11,20 mètres. L'Hermione est la reproduction à l'identique de la frégate qui permit à Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, de rejoindre la côte est des Etats-Unis en 1780 pour soutenir les indépendantistes opposés à la tutelle britannique. Nommé dès 1776 major-général de l'armée américaine par l'envoyé spécial des indépendantistes en France, parti en avril 1777 de Bordeaux à bord de la Victoire pour combattre aux côtés des insurgés contre les Anglais, La Fayette revient en France. Il convainc alors le roi Louis XVI de soutenir militairement et financièrement le général Georges Washington et d'envoyer des troupes dont la présence fut décisive. Après la guerre d'indépendance, dont il est l'un des héros, La Fayette revient en France. L'Hermione, affectée à de nouvelles tâches, sombra en 1793 au large du Croisic (Loire-Atlantique) à la suite d'une erreur de navigation. L'épave fut retrouvée en 1984. Seuls une ancre et deux canons ont été remontés et exposés au musée du château des Ducs de Bretagne à Nantes. C'est à Rochefort, où la frégate fut mise en chantier en 1778, que l'idée de la faire revivre a germé. SAVOIR-FAIRE Ce chantier fut l'occasion de rendre à la ville de Charente-Maritime une part de son histoire intimement liée à l'imposant arsenal créé au XVIIe siècle par Colbert où 750 navires furent construits, fermé en 1927 et rénové en 1980. La reconstruction de l'Hermione aura nécessité la fabrication de 25 kilomètres de cordage, 1.000 poulies, 2.200 m2 de voilure, un mât de 54 mètres de haut, 32 canons, une ancre de 4 mètres de haut, pour une masse totale de 1.200 tonnes. Le chantier, lancé à la suite d'un premier appel d'offres en 1995 par l'association Hermione-La Fayette, a connu des vicissitudes liées à son financement qui, finalement atteindra 26 millions d'euros, sans compter le coût du voyage. Les collectivités locales et territoriales, les sponsors et les mécènes ainsi que les plus de 4 millions de visiteurs payants durant tout le chantier ont finalement permis d'aboutir. Il a fallu retrouver des savoir-faire oubliés et respecter l'original, tout en faisant appel à des techniques contemporaines : bois courbés pour la coque, gréement entièrement en chanvre cordé sur place, et ... une double motorisation obligatoire diesel et électrique. Après avoir reçu samedi la visite de François Hollande et de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, L'Hermione gonflera ses voiles et prendra la direction des Etats-Unis depuis l'île d'Aix, près de Rochefort (Charente-Maritime). Elle est attendue le 5 juin à Yorktown, où les troupes américaines et françaises remportèrent le 19 octobre 1781 une bataille décisive contre les Anglais, avant de faire une dizaine d'escales, notamment à Philadelphie et à Boston. Le voyage coûtera 6 millions d'euros financés à 50% par les Américains, notamment l'association Friends of Hermione-La Fayette in America, dont le président d'honneur est l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger. (Claude Canellas, avec Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse)

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