L'harmonisation du droit d'asile dans l'UE contestée à Vienne

le
0
    VIENNE, 14 juillet (Reuters) - Le ministre autrichien de 
l'Intérieur Wolfgang Sobotka a exprimé jeudi son opposition à un 
projet visant à harmoniser les procédures de droit d'asile au 
sein de l'Union européenne au terme duquel les membres du bloc 
accorderaient aux demandeurs d'asile le droit de travailler, 
rapporte le quotidien allemand Die Welt. 
    Quelque 90.000 demandeurs d'asile ont été accueillis l'année 
dernière en Autriche. Ce chiffre tend à diminuer cette année en 
raison du durcissement des contrôles aux frontières. 
    Selon les règles en vigueur, les demandeurs d'asile sont 
autorisés à travailler pour les collectivités, mais la 
Commission européenne a dévoilé mercredi un projet visant à 
autoriser les migrants et réfugiés à obtenir des permis de 
travail six mois après avoir déposé une demande d'asile. 
    "Il est selon moi impensable d'octroyer des permis de 
travail aux demandeurs d'asile", a déclaré Wolfgang Sobotka à 
Die Welt. "Cela reviendrait à encourager les populations des 
pays en crise à venir en Autriche. Notre marché du travail ne 
serait pas en mesure de les absorber." 
    La crise des migrants a alimenté un sentiment anti-immigrés 
en Autriche et favorisé la montée en puissance des populistes du 
FPÖ dont le chef de file, Norbert Hofer, est parvenu au deuxième 
tour de l'élection présidentielle.  
    La question des migrants divise au sein de la grande 
coalition qui réunit à Vienne les sociaux-démocrates du SPD et 
les conservateurs de l'ÖVP dont est issu Wolfgang Sobotka. 
    Un porte-parole du chancelier Christian Kern, membre du SPD, 
a déclaré jeudi que ce dernier était favorable à l'accélération 
de l'accès des demandeurs d'asile au marché du travail, sans 
donner davantage de précisions. 
    Cette prise de position contraste avec celle de Wolfgang 
Sobotka qui estime que tous les pays européens devraient 
appliquer le principe selon lequel les demandeurs d'asile ne 
doivent pas être autorisés à travailler. 
    "Des règles différentes sont préjudiciables et elles 
envoient un mauvais signal aux pays d'origine des réfugiés", 
a-t-il déclaré. 
 
 (Kirsti Knolle,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant