L'exposition au risque des banques de la zone euro a grimpé

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WASHIGTON (Reuters) - La crise de la dette européenne a augmenté de 300 milliards d'euros l'exposition au risque des banques de la zone euro et elles doivent se recapitaliser pour faire face à ces pertes potentielles, estime le Fonds monétaire international (FMI).

Dans son Rapport sur la stabilité financière mondiale, le FMI ajoute que les établissements devraient lever des capitaux auprès d'investisseurs privés, mais que des fonds publics pourraient être nécessaires.

Le Fonds indique avoir essayé d'"évaluer la hausse du risque sur la dette souveraine subie par les banques au cours des deux dernières années". Ces 300 milliards d'euros prennent en compte la baisse des prix des actifs des banques et la hausse des coûts de financement, précise-t-il.

Le document ne chiffre par les besoins en capitaux des établissements de la zone euro, dont le FMI estime qu'ils devront être déterminés par des stress tests.

Fin août, la directrice générale du Fonds Christine Lagarde s'est attirée les foudres de plusieurs dirigeants européens en appelant à une recapitalisation "substantielle" des banques de la zone euro. Un besoin en capitaux de 200 milliards d'euros a été évoqué par une source début septembre mais la Banque centrale européenne et des gouvernements de la zone euro ont critiqué ce chiffre.

Le rapport du FMI indique clairement que le chiffre de 200 milliards ne correspond pas à une mesure des besoins en capitaux.

"LES RISQUES SONT ÉLEVÉS"

Les risques pour la stabilité financière ont augmenté "substantiellement", ajoute l'institution de Washington.

Des banques de certains pays ne peuvent d'ores et déjà plus accéder au marché de financement privé, poursuit-elle, ce qui alimente la possibilité d'un gel plus large du marché interbancaire faute de mesures adéquates pour garder les finances publiques sous contrôle et pour renforcer les banques.

En outre, les dégâts provoquées par la crise européenne pourraient se propager aux banques des pays émergents. Le FMI souligne que les banques d'Amérique latine sont les plus vulnérables parmi les économies émergentes. Les établissements d'Asie et d'Europe de l'Est sont eux sensibles à l'augmentation des coûts de financement.

"Les risques sont élevés et le temps commence à manquer pour faire face aux vulnérabilités qui menacent le système financier mondial et la reprise économique actuelle", peut-on lire dans le rapport.

Le FMI appelle à une stratégie "cohérente" pour s'attaquer au risque de contagion financière et économique de la crise de la dette européenne. Selon lui, les divergences politiques entre dirigeants européens sur la question d'apporter ou non le soutien de la zone euro aux pays périphériques en difficulté ralentissent leur réponse à la crise et ébranlent la confiance.

Le Fonds estime aussi qu'il y a des doutes croissants autour de la capacité des élus aux Etats-Unis à se mettre d'accord sur la manière de réduire le déficit budgétaire du pays à moyen terme, ce qui est critique pour la stabilité financière mondiale en raison du statut de monnaie de réserve du dollar.

Jean Décotte pour le service français, édité par Catherine Monin

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  • soudono le mercredi 21 sept 2011 à 17:23

    toute des singeries des banquiers