L'explosion d'une voiture piégée fait 32 morts à Ankara

le , mis à jour à 22:10
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 (Nouveau bilan, interdiction des réseaux sociaux, précisions 
sur le groupe dissident kurde) 
    ANKARA, 13 mars (Reuters) - L'explosion d'une voiture piégée 
a tué 32 personnes dimanche dans le centre d'Ankara, la capitale 
turque, et fait au moins 75 blessés, ont annoncé deux sources 
proches des services de sécurité, moins d'un mois après une 
attaque similaire qui avait fait 29 morts à quelques rues de là. 
    L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat mais un 
responsable des services de sécurité a déclaré que les premiers 
éléments de l'enquête suggéraient qu'elle avait été commise par 
le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré par 
Ankara comme une organisation terroriste, ou par un groupe 
affilié à celui-ci. 
    Des images tournées sur les lieux montrent des débris 
fumants devant ce qui semble être l'entrée d'un passage 
souterrain. La déflagration a été entendue à 2,5 km à la ronde 
et un épais nuage de fumée était visible au-dessus du 
centre-ville, a constaté un correspondant de Reuters.  
    La justice a ordonné de fermer l'accès à Facebook et Twitter 
après que des images de l'attentat ont été partagées sur ces 
réseaux sociaux.  
    Un haut responsable des services de sécurité a déclaré à 
Reuters que des tirs avaient été entendus après la déflagration. 
    Le quartier où a eu lieu celle-ci, proche d'un tribunal et 
des ministères de la Justice et de l'Intérieur, était très 
fréquenté au moment de l'explosion à 18h43 (16h43 GMT), a 
précisé la chaîne de télévision TRT. 
    Elle a ajouté que l'explosion avait touché un bus qui 
transportait une vingtaine de personnes près du parc Guven, 
situé dans le centre d'Ankara, et de la place Kizilay. 
    La précédente attaque à la voiture piégée, le 17 février 
dans un quartier où se trouvent le quartier général de l'armée, 
le Parlement et des bâtiments de plusieurs autres institutions, 
avait déjà été attribuée par le gouvernement turc à des 
activistes kurdes et revendiquée par un groupe qui se présente 
comme une organisation dissidente du Parti des travailleurs du 
Kurdistan (PKK).   
    Pour certains experts, ce groupe baptisé les Faucons de la 
liberté du Kurdistan (TAK) est au contraire directement affilié 
au PKK. 
    Depuis le début de sa campagne armée pour l'indépendance des 
Kurdes de Turquie, en 1984, le PKK a toujours frappé directement 
les forces de sécurité et dit ne pas viser les civils.  
    Par ailleurs, l'organisation Etat islamique (EI) a perpétré 
au moins quatre attentats à la bombe en Turquie depuis juin 
2015.  
     
 
 (Ece Toksabay, Orhan Coskun et Ayla Jean Yackley; Marc Angrand 
et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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