L'exode s'accentue en Syrie, attentat à Damas

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L?EXODE DES SYRIENS VERS LES PAYS VOISINS PREND ENCORE DE L?AMPLEUR
L?EXODE DES SYRIENS VERS LES PAYS VOISINS PREND ENCORE DE L?AMPLEUR

par Jonathon Burch et Oliver Holmes

ANKARA/AL SALAMEH, Syrie (Reuters) - Le flot de réfugiés syriens fuyant les combats qui font rage entre pro et anti-Bachar al Assad depuis dix-sept mois ne cesse d'enfler et la Turquie pourrait avoir à accueillir, à elle seule, jusqu'à 200.000 personnes si les violences s'intensifient, ont prévenu mardi les Nations unies.

Le Haut commissariat aux Réfugiés (HCR) a noté une "hausse spectaculaire" du flot de réfugiés syriens vers la Turquie, avec des pics de 5.000 arrivées par jour au cours des deux dernières semaines.

Face à l'urgence de la situation, Ankara, qui a récemment émis l'idée de la mise en place d'une zone-tampon en Syrie placée sous la protection de la communauté internationale, va ouvrir quatre nouveaux camps.

"Dans les prochaines semaines, des camps d'une capacité d'accueil de 40.000 personnes seront ouverts. Nous aurons donc bientôt une capacité d'accueil de 120.000 personnes et nous nous préparons pour en accueillir d'autres", a déclaré Mustafa Aydogdu, porte-parole de l'Agence turque de gestion des situations d'urgence (Afad).

Selon le HCR, le flot des réfugiés arrivant dans le camp de Zaatri, dans le nord de la Jordanie, a doublé au cours de la semaine écoulée, atteignant 10.200 personnes.

"Nous sommes persuadés que cela pourrait marquer le début d'un afflux bien plus important vers la Jordanie", a commenté Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève.

Amman a appelé mardi à l'aide la communauté internationale pour faire face à cet afflux soudain de civils syriens.

"Cette crise dépasse les ressources que nous avons mises en place, ou les efforts du HCR ou de toutes autres organisations humanitaires", a déclaré le ministre d'Etat chargé de l'information Samih Maaytah. "Elle requiert un programme et une réponse au niveau international."

Au total, 214.120 Syriens ont été comptabilisés dans quatre pays frontaliers - Jordanie, Irak, Liban, Turquie - et le HCR a "fortement revu à la hausse" sa projection pour l'ensemble de l'année 2012, qui était initialement de 185.000 réfugiés.

ATTENTAT À DAMAS

Sur le terrain, douze personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées à Damas dans un attentat à la voiture piégée en pleines funérailles, selon la télévision d'Etat.

Selon des témoins, la bombe a explosé à l'entrée d'un cimetière druze de la capitale, dans le quartier de Jaramana (sud-est), où deux victimes de bombardements de la veille devaient être enterrées.

Un témoin a dit avoir dénombré jusqu'à 150 blessés. Une autre a indiqué avoir vu plusieurs corps carbonisés, dont ceux d'enfants.

La télévision syrienne a fait pour sa part état de 48 personnes blessées dans ce qu'elle a qualifié "d'attentat terroriste".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne et lié à l'opposition syrienne, les deux hommes enterrés mardi étaient des partisans du président Bachar al Assad.

Au total, selon l'Onu, au moins 18.000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement contre Bachar al Assad, mi-mars 2011.

Sur le plan diplomatique, les ministres des Affaires étrangères des membres du Conseil de sécurité de l'Onu ont prévu de se réunir jeudi à New York à l'appel de la France, qui assure la présidence tournante du Conseil.

François Hollande a estimé lundi que l'Onu devait rester "l'instance centrale de la gouvernance mondiale" en vertu de laquelle Paris entendait agir.

Le président français a toutefois ajouté que l'usage d'armes chimiques par le régime syrien "serait pour la communauté internationale une cause légitime d'intervention directe".

Jean-Stéphane Brosse et Marine Pennetier pour le service français

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