L'exercice 2012 de Carrefour encourageant, salué en Bourse

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CARREFOUR PUBLIE UN RÉSULTAT OPÉRATIONNEL ANNUEL EN LÉGER RECUL
CARREFOUR PUBLIE UN RÉSULTAT OPÉRATIONNEL ANNUEL EN LÉGER RECUL

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour a bouclé son exercice 2012 sur des résultats jugés encourageants et des moyens accrus pour réaliser les investissements nécessaires à la reconquête de ses marchés.

Le distributeur, qui bataille pour redresser ses performances en France et en Europe du Sud, plombées par la crise, a fait légèrement mieux qu'attendu avec un résultat opérationnel 2012 en recul de 2,6%, à 2,140 milliard d'euros, et une marge stabilisée à 2,8%, contre 2,9% un an auparavant.

Le plongeon des performances opérationnelles en Europe (-20,6%) et en Asie (-10,3%) a été quasiment compensé par une solide progression en Amérique latine (+14,2%).

Surveillés à la loupe, les résultats du groupe en France se sont améliorés. L'opérationnel courant a progressé de 3,5% - sur une base de comparaison très faible cependant, le résultat ayant chuté de 32% en 2011 - grâce à un net redressement (+8,4%) au deuxième semestre.

En outre, malgré une guerre des prix ravageuse en France, la marge opérationnelle a résisté à 2,6%.

Ces résultats jugés rassurants par les analystes ont été salués en Bourse, où le titre gagnait 3,3% à 22,09 euros vers 16h25, affichant la plus forte hausse du CAC (+0,5%).

Le titre, qui a touché en séance son plus haut niveau depuis un an et demi, progresse de 15,5% depuis le début de 2013 pour une capitalisation boursière de 15,8 milliards d'euros.

"Ces résultats ne sont pas sémillants, mais ils sont bons", a estimé Georges Plassat, PDG du groupe, qui s'est félicité de sa capacité d'investissement retrouvée.

Toujours avare de chiffres, il s'est gardé de toute prévision. Il a évoqué une conjoncture difficile et des risques sociaux accrus par la montée du chômage, mais a précisé que des niveaux de provisions exceptionnelles devraient "décélérer et avoir un effet positif sur les résultats" en 2013.

INVESTISSEMENTS

Libéré de sa contrainte de bilan, Carrefour va pouvoir réinvestir dans son parc de magasin vieillissant car "les distributeurs qui n'investissent pas sont condamnés".

Georges Plassat a procédé à d'importantes cessions d'actifs (Colombie, Malaisie, Indonésie, Grèce et Singapour) en 2012, qui ont permis à Carrefour de se désendetter et il a laissé entendre que de nouvelles cessions n'étaient pas à l'ordre du jour, pour le moment du moins.

Il a aussi écarté une possible introduction en Bourse des actifs brésiliens, souvent évoquée par les analystes.

Ces cessions, dont le produit a totalisé 2,0 milliards d'euros, ont permis de fortement réduire l'endettement net, abaissé de 2,6 milliards à 4,320 milliards d'euros.

Elles permettront d'accroître les investissements à 2,2 ou 2,3 milliards d'euros, répartis à égalité entre les rénovations (quelque 150 hypers en France sont à rénover sur 220) et l'expansion du réseau de magasins.

Georges Plassat a estimé que le groupe était maintenant entré dans une "phase d'exécution exigeante, qui demande discipline et patience" et a reconnu que Carrefour avait "du mal à passer à l'acte", notamment sur des sujets comme l'informatique et la logistique.

Le PDG du groupe, qui a fait de la décentralisation et de la responsabilisation des équipes un des piliers du redressement, a aussi reconnu que les effets de cette nouvelle discipline étaient encore "difficiles à mesurer".

VALORISER LES ACTIFS IMMOBILIERS

Il a aussi reconnu que le groupe avait pris du retard sur le e-commerce et n'a pas apporté de réponses aux interrogations sur l'évolution du non alimentaire, qui constitue le gros point noir des hypermarchés en France, réaffirmant son ambition de ne pas réduire la voilure et de séduire la clientèle par une offre appropriée.

Georges Plassat a également dit vouloir valoriser les actifs immobiliers, notamment fonciers, tout en écartant toute cession de murs, des hypers comme des galeries marchandes.

Excédé par les campagnes sur les prix orchestrée par son grand concurrent Leclerc, Georges Plassat a déclaré que Carrefour ne pouvait "s'aligner sur un mirage", faisant allusion à des méthodes de calcul qu'il juge contestables.

"L'écart est extrêmement faible (avec Leclerc) aujourd'hui", a-t-il assuré et Carrefour "est revenu dans la course".

Le résultat net, dopé par d'importantes plus-values (1,081 milliard) de cession, a atteint 1,2 milliard d'euros.

Le dividende proposé ressort à 0,58 euro par action, contre 0,52 euro un an auparavant.

Avec Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

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