L'exécutif tient bon sur la réforme des rythmes scolaires

le
3
LE GOUVERNEMENT DÉFEND UNE NOUVELLE FOIS SA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
LE GOUVERNEMENT DÉFEND UNE NOUVELLE FOIS SA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a défendu une nouvelle fois mercredi sa réforme des rythmes scolaires, qui continue de soulever des interrogations sur le terrain et dont l'opposition de droite réclame le report à six mois des élections municipales.

Un mois après la rentrée scolaire, une réunion consacrée à cette réforme controversée, promesse de campagne de François Hollande, s'est tenue à l'Elysée en présence des ministres concernés dans un esprit de "grande sérénité", a indiqué Vincent Peillon à la sortie.

"On a regardé comment réussir cette réforme dans l'intérêt des élèves mais il ne nous a pas échappé que certains voulaient politiser le dossier", a déclaré à la presse le ministre de l'Education, dénonçant une "exploitation politicienne" du sujet.

"Est ce qu'il faut l'améliorer? Sans doute. On a de la marge? Et bien profitons-en", a-t-il ajouté. "Ne reculons surtout pas. Pour revenir à quoi? Aux quatre jours, aux journées surchargées, à moins d'activités péri-éducatives?"

Après une brève trêve estivale, la réforme défendue par Vincent Peillon, qui prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours, est sous le feu des critiques depuis la rentrée, les syndicats dénonçant notamment un manque de formation et d'animateurs et pointant des inégalités entre les villes en matière d'activités périscolaires.

L'UMP, qui avait instauré la semaine de 4 jours en 2008, s'est emparée pour sa part du sujet, potentiel enjeu des municipales de l'an prochain, en lançant une campagne de tracts et une pétition contre une réforme qu'elle juge "pas financée" et "mal préparée".

Son président, Jean-François Copé, a réclamé son report et a appelé les maires UMP à observer une grève de la réforme qui est pour l'heure appliquée dans quelque 4.000 communes de France sur les 24.000 possédant au moins une école.

La réforme entrera en vigueur l'année prochaine dans les autres communes.

CONCERTATION

"Il y a eu beaucoup de temps de concertation, plusieurs années et là nous avons laissé deux ans pour l'organisation", a souligné Vincent Peillon, estimant que la France devait faire des efforts "pour ses enfants."

"S'il y a des difficultés d'adaptation, d'information, bien entendu il faut les améliorer", a-t-il ajouté.

S'exprimant à l'issue du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a pour sa part accusé Jean-François Copé de chercher à "prendre en otages les enfants pour de sombres batailles politiciennes".

"L'attitude de M. Copé en particulier et de quelques autres à l'UMP ne sont pas à la hauteur des enjeux en particulier lorsque cela passe par le mensonge pur et simple", a-t-elle dit, faisant allusion aux propos du président de l'UMP qui juge la réforme intenable financièrement.

"Lorsque M. Copé évoque un montant de 50 euros par élève et par an dont aurait bénéficié sa ville de Meaux, nous avons les chiffres très précis, la ville de Meaux, par élève et par an, a droit à 150 euros", a-t-elle ajouté.

Le "fonds d'amorçage" de 250 millions d'euros débloqué par le gouvernement pour venir en aide aux communes qui ont décidé d'appliquer la réforme dès cette année, n'a pas été consommé, a fait valoir de son côté Vincent Peillon.

"Ce n'est pas une question d'argent, l'argent il sera là mais il faut en contrepartie qu'il y ait une prise en charge de qualité pour les enfants", a-t-il dit.

Marine Pennetier, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • gourbi le mercredi 2 oct 2013 à 16:31

    Cette réforme tourne au fiasco. Ce qu'il fallait surtout éviter est en train de se produire : fatigue des élèves, surtout en maternelle, grogne des parents et profond découragement des profs. Les 'activités culturelles' tournent aux temps récréatifs dans la plupart des situations. L'école, plus que jamais, est à bout de souffle. L'autisme des gouvernants vire au cauchemar éducatif.

  • morice30 le mercredi 2 oct 2013 à 16:14

    Désolé , mais 0,50 € X 3heures/semaines X 36 semaines, ca fait 54 euros et pas 150 !Le fonds d'amorçage est de 64 Millions, puis les crédits pérennes augmentent progressivement pour aller à 250 Millions dès 2015.150 €, c'est le coût par enfant pour les Collectivités, il leur reste à charge 100 € environ

  • 66michel le mercredi 2 oct 2013 à 15:50

    en fait ils font ce que bon leur semble sans demander l'avis des uns et des autres, et encore moins aux concernés (élèves et parents). Des lois sont votées régulièrement aussi stupides les unes que les autres